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Accueil du site || Dossiers || Viande caprine || Notre stratégie pour une filière chevreau valorisante

Suite aux communications récentes de certains engraisseurs de chevreaux, il nous semble important de rappeler notre position sur la crise passée et notre stratégie à venir.

En préambule, nous souhaitons rappeler que la crise de débouchés du printemps 2020 causée par la situation sanitaire a révélé la grande fragilité de la filière chevreau, trop dépendante de l’export intra UE et marquée par une ultraconcentration des outils d’abattage et en moindre mesure d’engraissement. Pour sortir la filière de cette dévalorisation, la FNEC met en œuvre une stratégie qui vise à redonner au chevreau sa juste valeur afin que les différents maillons puissent en bénéficier et qui se résume en 4 points :

* Diminuer le nombre de chevreaux entrant dans le circuit d’abattage, en ayant recours aux lactations longues par exemple

* Développer l’engraissement des chevreaux à la ferme pour réduire la dépendance aux ateliers d’engraissement, de moins en moins nombreux, et pour ramener de la valorisation dans l’élevage

* Développer les débouchés alternatifs en circuits courts, en travaillant sur toutes les possibilités d’abattage en dehors des 3 abattoirs spécialisés

* Diversifier le produit et développer la découpe pour mieux répondre aux attentes des consommateurs français, afin de développer le marché en France et réduire la dépendance aux marchés à l’export et de congelé.

Il n’y a pas qu’une solution magique, mais un ensemble d’actions qui fera avancer la filière. C’est sur la base de cette stratégie que nous agissons.

Comme vous le savez, un soutien financier a été accordé aux abatteurs dans le cadre du dispositif d’aide au stockage privé afin de gérer les surstocks générés par la crise de débouchés lié au Covid-19, surstocks aujourd’hui complément résorbés. La clé était bien là : désengorger le marché et réduire massivement les surstocks de chevreaux devait permettre à la filière de fonctionner à nouveau normalement. Mais la crise Covid-19 s’est révélée une excellente opportunité pour l’aval pour détruire durablement le prix du chevreau.

Les éleveurs naisseurs, contraints, ont plus que largement contribué à la remise à niveau financière de l’aval de la filière, en subissant des baisses de prix allant jusqu’à 80% du prix du chevreau naissant à plusieurs périodes de l’année. Aujourd’hui, nous ne tolérons pas les discours des engraisseurs et des abatteurs prônant la gratuité des chevreaux naissants ou le recours à un service payant de ramassage des chevreaux dans les fermes.

Ce discours est assumé aujourd’hui par ces deux maillons de la filière qui souhaitent amener la filière vers un système « où les laiteries donnent au moins 5 €/ 1000 L aux éleveurs pour les chevreaux pour complémenter le faible prix actuels et potentiellement à venir des petits chevreaux. »

Il est à noter que la demande de gratuité des chevreaux naissants ou leur prise en charge par les laiteries est une demande de plus en plus assumée ouvertement par les engraisseurs et les abatteurs et qui ne voient qu’une voie unique pour la filière : que tous les efforts soient faits par les naisseurs !

En France, le chevreau a un marché et une valeur, nous refusons de donner nos chevreaux ou de devoir payer quelqu’un pour venir les ramasser !

Peut-on réellement croire que l’on bâtira une filière caprine conforme aux attentes de la société en actant que le chevreau est un déchet et non plus un co-produit de l’élevage laitier ??

C’est tellement plus facile dans un marché à 3, de reporter toute la responsabilité et toute la pression vers le 1er maillon, le naisseur, alors que c’est aux abatteurs d’aller chercher des marchés valorisants, c’est aux engraisseurs d’aller chercher de la valeur auprès des abatteurs et non pas être leur simple intermédiaire ou leur porte-parole.

Les éleveurs naisseurs exigent que cessent ses discours dévalorisants et qu’on se mette en action pour revaloriser le fruit de notre travail et l’image de notre filière.