Accueil du site || Archives || Notes d’information - FNEC infos || Vaccination FCO : Spécificité des caprins

La présente note fait état des connaissances actuelles en matière de FCO chez les caprins, qui sont pour l’instant encore parcellaires. Elle a été rédigée en collaboration technique avec le laboratoire d’études et de recherches caprines de l’Afssa Niort, l’Afssa, la FNGDS et l’Institut de l’Elevage. Des investigations complémentaires sont en cours de réalisation. Elles permettront d’éclairer les incertitudes qui existent actuellement.

Quelles sont les possibilités et les obligations pour les chèvres en matière de vaccination ?

La vaccination est-elle possible pour les chèvres ?

OUI, techniquement. Les vaccins contre la FCO (sérotype 1 et 8) n’ont pour l’instant pas d’Autorisation Temporaire d’Utilisation (A.T.U.) pour les caprins, car l’ensemble des études nécessaires n’est pas achevé pour cette espèce. En terme de responsabilité professionnelle ce choix vaccinal est une interprétation de la disposition législative du Code de la santé publique appelée « cascade » qui place la vaccination sous la responsabilité du vétérinaire. Par ailleurs compte tenu de la nature des adjuvants le délai d’attente de zéro jour peut s’appliquer pour l’ensemble des ruminants quelque soit la denrée considérée (lait ou viande).

La vaccination est-elle obligatoire pour les chèvres ?

NON, Puisque les vaccins n’ont pas d’ATU pour les caprins, la vaccination ne peut pas être rendue obligatoire pour cette espèce.

Qu’est-ce que je risque si je ne vaccine pas ?

Les chèvres sont-elles sensibles au sérotype 8 de la FCO ?

EN L’ETAT ACTUEL DES CONNAISANCES C’EST PROBABLE, En effet, même si l’on ne dispose aujourd’hui que de données parcellaires sur ce sérotype, les arguments penchent en faveur d’une probable sensibilité des chèvres, comme le montre les éléments ci-dessous :

Au niveau international quatre études expérimentales ont confirmé que la chèvre pouvait être infectée par les virus FCO (sérotypes 2, 4 et 8) mais pour trois de ces études les animaux n’ont montré aucun symptôme à l’exception d’hyperthermie (fièvre) variable. Dans une étude avec le sérotype 8, la température était accompagnée en outre de difficulté à avaler, de diarrhée, de boiterie et d’abattement. La virémie (présence du virus dans le sang) a pu être détectée jusqu’à 47 jours après l’infection.

Les chèvres sont-elles sensibles au sérotype 1 de la FCO ?

En l’état actuel des connaissances, il est très difficile de se prononcer sur ce sujet.

Si les chèvres sont sensibles, quelles conséquences la FCO pourrait-elle avoir sur mon troupeau caprin ?

Des premières études en cours dans les pays du nord touchés par le sérotype 8, les pertes sanitaires apparaissent très variables selon les troupeaux. Les principales conséquences observées à ce jour chez les ovins et les bovins sont toutefois préoccupantes :
-  fièvre : de modérée à très forte, pouvant être accompagnée d’abattement
-  baisse de production laitière : de légère à très importante
-  mortalité : de nulle à très importante
-  infertilité chez les mâles
-  infécondité chez les femelles et avortements

Quels sont les symptômes qui pourraient être observés chez les caprins ?

Au cours de l’année 2007 en France, 15 élevages caprins localisés principalement dans le nord et l’est de la France ont été considérés comme infectés suite à des contrôles sérologiques positifs en FCO. Parmi ces 15 élevages 6 montraient des signes cliniques bien visibles dont 2 « élevages atypiques » (animaux de compagnie et parc animalier). Au-delà des conséquences potentielles évoquées ci-dessus, les signes cliniques observés sur les caprins étaient variables allant d’une légère fièvre à tout ou parties des signes suivants : forte hyperthermie 41°C, abattement et perte de l’appétit, inflammation de la bouche (ulcères) et hypersalivation, langue bleue, lésions ulcéro-nécrotiques, croûteuses sur les naseaux, diarrhée.

Qu’est-ce que je risque si je vaccine ?

La vaccination sera-t-elle efficace sur mes chèvres ?

ON PEUT L’ESPERER, Nous ne disposons pas pour le moment de données sur l’efficacité des vaccins pour les chèvres. Cependant, ces vaccins apparaissent en l’état efficaces sur les moutons, et on peut raisonnablement espérer qu’ils le seront également sur les chèvres. Des études d’efficacité chez la chèvre vont être mis en place en collaboration entre l’Afssa et les laboratoires pharmaceutiques fabricants.

Peut-il y avoir des effets secondaires indésirables pour mes chèvres ?

GLOBALEMENT NON, même si on ne peut pas exclure des réactions individuelles, dans des proportions limitées. En effet, des études ont d’ores et déjà été conduites au début de l’année 2008 chez des jeunes chevrettes (2-4 mois) sous l’égide du laboratoire d’études et de recherches caprines de l’Afssa Niort. Ces études préliminaires n’ont pas montré d’effets notables pour les vaccins testés. De même, dans le cadre de la campagne de vaccination en cours, suite à l’utilisation de plusieurs millions de doses chez les bovins et les ovins, les vaccins n’ont jusqu’à maintenant globalement pas entraîné d’effets secondaires. Néanmoins, dans la mesure où les vaccins peuvent dans certains cas entraîner une fièvre temporaire, compte tenu de l’absence de données pour le moment chez la chèvre adulte et de la sensibilité particulière de cette dernière au stress, il vaudrait mieux, lorsque cela est possible, vacciner en dehors des périodes de gestation.

En conclusion, et si bien évidemment il appartient à chaque éleveur de décider, en fonction des risques et des connaissances actuelles, s’il vaccine ou non son troupeau caprin au regard des risques évoqués plus haut, la FNEC recommande aux éleveurs de chèvres de vacciner leurs animaux contre le sérotype 8 (en dehors des périodes de gestation lorsque c’est possible)

Concernant le sérotype 1, les données disponibles ne permettent pas d’effectuer une recommandation zootechnique. Nous vous rappelons que dans les zones concernées, la vaccination est obligatoire pour toutes les autres espèces de ruminants.


Complément ajouté par la FNEC

Cette note, rédigée en collaboration technique avec le laboratoire d’études et de recherches caprines de l’Afssa Niort, l’Afssa, la FNGDS et l’Institut de l’Elevage, permet de faire un point sur l’état actuel des connaissances, qui restent parcellaires.

Nous attirons votre attention en particulier sur le fait que, compte tenu de la nature des adjuvants le délai d’attente de zéro jour peut s’appliquer pour l’ensemble des ruminants y compris les caprins quelque soit la denrée considérée (lait ou viande).

En complément de cette note, la FNEC tient à vous rappeler les faits suivants :

Il existe d’autres moyens de lutter contre la FCO, à part la vaccination, mais ils ne sont pas suffisants pour garantir la protection du troupeau. La FCO est transmise par un vecteur : un moucheron du type culicoïdes. On peut donc penser que les mesures destinées à protéger les animaux du contact avec les insectes (sous réserve qu’ils sont renouvelés régulièrement) sont de nature à limiter l’impact de la maladie dans un troupeau, mais sans doute pas de le protéger :
- garder ses animaux dans des bâtiments fermés, avec des moustiquaires aux ouvertures,

- désinsectiser les locaux ou surtout les animaux (attention pour les caprins, il n’existe pas de désinsectisant ayant une AMM pour cette espèce. Ceux-ci ne peuvent donc être prescrits que dans le cadre de la « cascade », sous la responsabilité du vétérinaire).

Cependant, la lutte contre les insectes dans un milieu ouvert comme un élevage est rarement efficace à 100%, et il n’existe à ce jour aucune donnée scientifique sur l’efficacité de ces mesures de prévention pour lutter contre l’épidémie actuelle de FCO.

L’Etat et l’Union Européenne prennent en charge 100% du coût du vaccin, et 50% du coût de la vaccination. Restent donc à la charge de l’éleveur 50% du coût de vaccination, qui doit être négocié entre l’éleveur et son vétérinaire

A part pour les animaux destinés à l’exportation, ces vaccinations ne se font pas dans le cadre d’une prophylaxie d’Etat, mais dans le cadre des relations habituelles entre un vétérinaire et son client. Dans ce cadre, et sous la responsabilité du vétérinaire, la vaccination par l’éleveur est une possibilité.

Les caprins, tout comme l’ensemble des petits ruminants, sont définis comme deuxième priorité pour la vaccination (la première priorité concerne les animaux des 16 départements touchés depuis 2006). Dans ce cadre, les estimations de doses par département réalisées par les DSV ont pris en compte les cheptels caprins, et ceux-ci doivent être considérés comme prioritaires.

Pour ce qui concerne la gestion pratique de la vaccination, et notamment ses conséquences sur la gestion des animaux, nous vous conseillons de vous adresser à votre GDS.