Accueil du site || Archives || Conjoncture et prix du lait || Le grand écart entre prix du lait et coûts de production

Au quatrième trimestre 2011, le prix de base a baissé de 6 euros par rapport à 2010 (- 1 %), une baisse un peu moindre que les deux trimestres précédents (- 9 € et - 12 €) et qu’au premier trimestre (- 35 €).

Au total sur l’année, le prix de base, à 522 euros pour 1000 litres, a reculé de 15 euros (- 3 %). En 2010, il avait déjà baissé de 21 euros (- 4 %). La baisse a été plus forte que la moyenne dans le Sud- Ouest (- 18 €) et moins prononcée dans le Centre (- 9 €). Sur deux ans, le prix de base a reculé de 27 euros dans le Centre à 39 euros dans le Centre-Ouest. Au quatrième trimestre 2011, le prix moyen payé aux producteurs a chuté de 28 euros (- 4 %), nettement plus que le prix de base.

Cela vient d’une importante dégradation de la composition du lait, notamment en novembre et en décembre, mais aussi de pénalités appliquées en fin d’année pour dépassement de références, et éventuellement pour mauvaise analyse bactériologique (cellules somatiques). Sur l’ensemble de l’année, le prix moyen, à 590 euros pour 1000 litres, a au total baissé plus fortement que le prix de base, reculant de 20 euros (- 3 %), après une baisse de 12 euros (- 2 %) en 2010. Le taux butyreux s’est particulièrement dégradé (- 0,9 g/litre), après toutefois une hausse importante l’année précédente (+ 0,6 g/litre). En revanche, le taux protéique est resté stable.

L’Ipampa, l’indice des prix d’achat des moyens de production agricole, du lait de chèvre a été en hausse de 11 % en 2011 par rapport à 2010. Tout au long de l’année, la courbe de l’indice des prix des moyens de production a survolé celles des années précédentes, y compris celle de 2008, lors de la précédente flambée des prix. Comme en 2008, de fortes augmentations de prix touchent les aliments achetés (+ 17 %) et l’énergie (+ 18 %), respectivement 43 % et 7 % de l’indice. Rappelons que l’Ipampa avait grimpé de 14 % en 2008, puis baissé de 6 % en 2009 et s’était stabilisé en 2010. La poursuite de la baisse du prix du lait intervenant en pleine poussée de l’Ipampa ne peut que mettre en difficulté les producteurs. Mais à l’aval de la filière, l’évolution des prix de vente industriels à la distribution, revenus au niveau très bas de 2005, sans tenir compte de la flambée des coûts de production, met en évidence une intenable perte de valeur qui se répercute tout au long de la filière.

source : GEB - Institut de l’Elevage.