Accueil du site || Archives || Conjoncture et prix du lait || La situation des éleveurs de chèvres s’aggrave

Nous constatons actuellement, dans le cadre des négociations commerciales entre nos transformateurs et la GMS une situation de blocage, particulièrement avec 2 enseignes : Carrefour et E. Leclerc.

Les hausses proposées aux GMS sont vitales pour les producteurs de lait de chèvre et pour toute la filière caprine. Les producteurs, depuis maintenant presque 3 ans subissent la pire situation jamais connue dans notre secteur d’activité :

- déséquilibre offre/demande engendrant des surstocks avec en conséquence baisse du prix du lait (jusqu’à 10%), baisse des volumes à produire (jusqu’à 10%) - sécheresse de 2011 avec très peu ou pas d’aide publique pour les caprins en compensation - mauvaise qualité des fourrages en 2012 ne permettant pas de tenir la production et une hausse sans précédent des coûts de production depuis 2 ans (de 80 à 120 € / 1000 litres de hausse)

Le résultat est une baisse de production de 8% fin 2012 et un début d’année 2013 à -14% de collecte. Nous allons perdre plus de 10% de nos éleveurs avec des situations économiques catastrophiques et des situations humaines qui le sont encore plus.

L’attitude de ces enseignes de la grande distribution est inacceptable : ils connaissent cette situation, nous leur avons expliqué depuis maintenant 8 mois. On ne sait combien de rencontres ont eu lieu dans leurs magasins, de réunions qui se sont tenues pour leur expliquer notre situation. Ils ne peuvent l’ignorer.

Il nous est insupportable d’imaginer qu’ils seront présents dans notre grande vitrine professionnelle qu’est le Salon de l’Agriculture, où ils argueront de leurs slogans vertueux, du développement, du soutien de notre agriculture, de nos PME, du développement durable, de la biodiversité, de l’écologie, des circuits courts, et on en passe. Ils ne nous trompent pas : le seul slogan qui vaille c’est leurs marges !

Nous en appelons aujourd’hui à tous les élus politiques et à l’Etat d’agir pour que cette situation cesse. L’attitude des GMS met à mal tout le travail professionnel et interprofessionnel que vous, pouvoirs publics, avez soutenu dans son élaboration et son financement.

Nous en appelons aujourd’hui à tous les éleveurs de chèvres et à toutes les structures syndicales caprines de rester mobilisés et combatifs.

Nous en appelons aujourd’hui à l’ensemble de nos transformateurs, grands et petits, à ne rien lâcher dans leurs négociations avec ces enseignes : ne pas passer de hausse tarifaire équivaut pour vous à vous mettre une balle dans le pied, et pour nous, à nous planter un couteau dans le dos.

Le rendez-vous est pris, l’échéance est connue, l’engagement de tous est indispensable pour que la lucidité l’emporte sur l’aveuglement.

La FNEC