La Commission spécialisée ovine et caprine de l’INRA (CSOC)
Le rôle de la CSOC
Mise en place par l’INRA fin 2004, cette commission doit jouer le rôle d’une instance de réflexion et de proposition sur les investissements de recherches qui devraient être faits par L’INRA dans les filières petits ruminants. Pour cela elle doit favoriser les échanges entre professionnels, techniciens du développement et chercheurs, de façon à susciter des discussions sur les travaux et les orientations de l’INRA dans un contexte partenarial neutre sur les plans professionnels et économiques. L’animation de la CSOC est assurée par Jacques Bouix et Bernard Leboeuf.
La CSOC est composée de 17 membres INRA, 6 ingénieurs de développement et 6 professionnels. Chaque membre est mandaté par sa structure professionnelle.
Cinq sessions d’une durée de 1 à 2 jours ont été organisées entre début 2005 et fin 2007. Les sujets abordés ont porté sur : la situation des ressources expérimentales (2005), le travail, en élevage (2005), les besoins de recherche des filières (2005), les recherches en santé animale (2006), nutrition et alimentation (2006), génétique et amélioration génétique (2007). La prochaine session est prévue les 23 et 24 octobre 2008 sur le thème de la reproduction.
Un site internet présentant les travaux de la commission est en projet pour 2008. Il sera accessible au grand public, pour consultation du programme de chaque session ainsi que des exposés et des comptes-rendus.
La session alimentation et nutrition des ovins et des caprins
Les thèmes abordés au cours de cette session :
- Ingestion et comportement alimentaire : spécificité des ovins et caprins
- Utilisation de parcours (ovin)
- Comportement alimentaire sur pâturages très hétérogènes
- Sélection de l’efficacité alimentaire des agneaux
- Comportement alimentaire sur couverts prairiaux (ovin)
- Rationnement
- Etat des connaissances
- Alimentation et qualité des laits
- Approches systèmes
- « Pâtuchevre » projet de conduite en chèvre laitière valorisant les ressources du territoire et respectueux de l’environnement
- Travaux en cours du groupe technique des brebis laitière
Cette session a permis la relance d’une discussion entre partenaires sur l’alimentation des ruminants. Il est apparu des situations très diverses selon les filières :
– Filières laitières : des demandes précises qui résultent d’une bonne organisation production/ transformation.
– Filière viande : variabilité des situations de production et mauvaise lisibilité du négoce des carasses aboutissant à une à multiplicité des questions pas toujours bien hiérarchisées, insuffisance de technicité.
– La nutrition est globalement un domaine de recherche dynamique incluant le comportement et les motivations de l’animal.
Une volonté de travail en commun des partenaires Recherche et Développement et Professionnels est apparue lors de cette session. Un groupe de travail caprin s’est constitué depuis cette session autour des questions d’alimentation, il rassemble les partenaires professionnels, du développement et de la Recherche. Le projet du groupe pour 2008 est la rédaction d’un guide pratique sur l’alimentation des caprins.
La session génétique et amélioration génétique
Les thèmes abordés au cours de la session :
- Organisation de l’amélioration génétique
- Le dispositif génétique Français
- Les systèmes d’information : génétique et appui technique
- L’amélioration génétique – Conséquences et implications
- Les bases de la sélection
- L’évaluation génétique des reproducteurs
- Génétique et adaptation des systèmes d’élevage
- Génétique / autres disciplines
- La génétique moléculaire – Evolutions prévisibles
- Fonctionnement et régulation des gènes connus
- Mise en évidence des gènes d’intérêt
- Gestion des gènes et de l’information génomique
Les principales conclusions de cette session sont les suivantes:
– Le changement du dispositif génétique français avec le pilotage par les professionnels et la réduction du financement de l’Etat implique de refaire les comptes au sein des filières sur les objectifs, les investissements et les retours sur investissement de l’amélioration génétique.
– Les chercheurs et techniciens sont sollicités pour évaluer l’intérêt respectif des investissements pour la génétique ou l’appui technique, et inciter l’aval à réinvestir en sélection une partie des gains résultant de l’amélioration génétique.
– Il importe de bien lier génétique et appui technique (et non pas de les disjoindre comme en ovin allaitant). Les filières de petits ruminants sont des filières mineures en termes de valeur comptable des productions. Il en résulte des difficultés croissantes pour que les projets de recherche soient retenus dans les appels d’offre européens, nationaux ou régionaux (notamment les programmes coûteux de génomique avec la révolution des puces SNP ovines).
– Concernant les caprins, on n’envisage pas aujourd’hui, à l’instar d’autres espèces, de consortiums scientifiques internationaux susceptibles de produire des puces à haute densité (60000 SNP sur la nouvelle puce ovine en 2008) permettant de réaliser d’emblée une cartographie fine du génome et de localiser des gènes (QTL) à 1cM. Il est discuté de la possibilité pour cette espèce de réaliser une puce de l’ordre de 1500 marqueurs (SNP + peut-être micro-satellites de l’ancienne génération de marqueurs) qui permettrait une bonne première primo-détection de zones d’intérêt sur le génome, zones à affiner dans un second temps par de la cartographie fine des zones repérées.
– Pourtant l’investissement dans les filières de petits ruminants se justifie par leur importance sociale et territoriale, et par une association meilleure que dans d’autres espèces de la productivité et du respect de la demande sociale par rapport à l’élevage.
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