Activité caprine de l’Institut de l’Elevage

C’est le Comité de filière caprin de l’Institut qui réunit des représentants professionnels des organisations professionnelles et techniques caprines nationales ainsi que régionales qui évalue et oriente l’activité caprine au sein de l’Institut de l’Elevage en cohérence avec le Plan stratégique caprin. Cette activité en 2012 a été orientée par le comité de filière qui s’est tenu le 28 septembre 2011. Un comité de filière s’est aussi tenu le 7 novembre 2012. Ce comité a fait le point sur les travaux en cours (étude des exploitations caprines au travers du RA 2010, le projet pour une filière caprine durable et équitable, déploiement de SIECL, les Pseudomonas en fromagerie fermière, la maîtrise des concentrations cellulaires en élevage caprin en lien avec le matériel de traite, l’empreinte environnementale de la filière caprine, les stratégies alimentaires dans le contexte actuel, identification électronique, …). Il a aussi fixé les orientations pour 2013 notamment en matière sanitaire sur la suite des actions en maitrise des concentrations cellulaires, sur la question en production fermière de produire un GBPH plus détaillé, la qualité du matériel de traite en vue de l’aptitude du lait à la transformation fermière, l’autonomie alimentaire, …

La présentation des activités 2012 de l’Institut de l’Elevage dans la filière caprine est présentée par activité des Départements (organisation 2012).

Département Economie :

Comme chaque année, le département Economie a réalisé en 2012 un suivi régulier de la conjoncture sur les différents marchés dans le secteur caprin, du lait, du fromage et de la viande caprine:

* Suivi mensuel de la collecte laitière et des diverses fabrications industrielles de fromages de chèvres, suivi de l’état des stocks de produit de report et de l’évolution des importations de matières premières laitières à partir des indications fournies par FranceAgriMer et le Service de la Statistique et de la Prospective (SSP) du Ministère de l’Agriculture, suivi des prix de vente industriels (INSEE), suivi de l’évolution de la consommation de fromages de chèvres par les ménages à partir des données IRI – CNIEL sur le marché des fromages en libre service et du panel Nielsen-Anicap.

* Suivi de la production et du marché de la viande de chevreaux (cotation FranceAgriMer), marchés locaux, activité des groupements et des entreprises et marché de gros à Rungis, notamment à Pâques et en fin d’année.

* Analyse de l’évolution des cheptels caprins en France et au plan européen, notamment à partir des statistiques établies par le SSP et par EUROSTAT.

L’Institut de l’Elevage établit, chaque trimestre, la synthèse nationale et régionale du prix du lait de chèvre payé aux producteurs, à la suite de son enquête réalisée auprès d’un échantillon d’une trentaine d’entreprises qui représentent 90% de la collecte nationale. Chaque trimestre, les entreprises indiquent leur collecte mensuelle, le prix de base et le prix moyen payés aux producteurs, la composition du lait collecté. En fin d’année, elles fournissent également leurs prix au gramme différentiel de matière grasse et de matière protéique. L’indicateur de prix est diffusé à l’ensemble des partenaires de la filière, organisations professionnelles et Administrations, aux plans national et régional : FNEC, ANICAP, FranceAgriMer, interprofessions régionales laitières caprines…

Le département Economie de l’Institut publie l’IPAMPA-Lait de chèvre (indice des prix d’achat des moyens de production agricole) élaboré à partir des indices des prix des produits et services publiés par l’INSEE et Agreste pour un panier d’intrants spécifiques aux exploitations caprines livreuses de lait de chèvre (base 100 en 2005). Cet indice est publié mensuellement sur le site de l’Institut au même titre que les autres indices IPAMPA des différentes productions de ruminants. Il est assorti d’une prévision d’évolution à 3 mois du poste “Aliments achetés” pour le lait de chèvre.

Tous les mois sur le webzine Tendances, qui a remplacé depuis septembre 2012 le bulletin en papier, et tous les deux mois dans la revue La Chèvre, le département Economie propose un suivi de la conjoncture et du prix du lait avec analyses, synthèses et prévisions. Il réalise également chaque année un dossier spécial Economie de l’Elevage sur les grandes évolutions du secteur. L’année économique caprine 2012 a été remise aux participants de l’Assemblée Générale. Par ailleurs, le dépliant Chiffres clés des productions caprines Lait et viande a été remis à jour pour 2012.

Pour le secteur caprin, comme pour les autres productions, l’Institut fait également des simulations du revenu dans l’année à l’aide de prévisions sur les prix et volumes produits.

Le département Economie a commencé en 2012 un important travail d’analyse des résultats du Recensement Agricole de 2010, en liaison avec les collègues du Département Actions Régionale chargées du suivi économique des exploitations caprines des réseaux. Les premiers éléments de synthèse, notamment sur le dénombrement et la caractérisation des exploitations caprines a fait, déjà sur 2012, l’objet de nombreuses présentations à l’occasion de réunions professionnelles diverses.

Département d’Actions Régionales :

Actions à caractère national :

Socle national des réseaux d’élevage

En 2012, le travail engagé dans le cadre du socle national s’est poursuivi avec le recueil des données techniques et économiques 2011 dans 186 exploitations (socle national et compléments régionaux). En parallèle du socle, les données collectées dans le cadre de l’appui technique (318 ateliers suivis) assuré par les contrôles laitiers, chambres d’agriculture, etc.…font aussi l’objet d’une synthèse.

En 2011, un document a été publié pour présenter les résultats des travaux réalisés dans le cadre du socle national. Il présente à la fois les résultats des suivis des fermes des réseaux d’élevage et les résultats d’appui technique. Si en 2010, le litrage par chèvre encore à la hausse, la prime à la chèvre, le rééquilibrage des aides, et la diminution du prix des aliments ont permis une poursuite de l’amélioration des revenus. En 2011, la chute du prix du lait et la mise en place de la maitrise de la production se répercutent totalement sur le produit.

En parallèle, le prix des aliments et de l’énergie augmente à nouveau. Cette conjoncture difficile entraine tous les revenus à la baisse et en particulier chez les plus spécialisés et les moins autonomes mais aussi chez certains élevages herbagers qui ont été très touchés par la sécheresse. Pas d’amélioration en vue pour 2012 bien au contraire avec des trésoreries exsangues, la poursuite de la hausse du prix des intrants, la mise en place du paiement aux cellules…

L’enquête annuelle 2011 consacrée à l’application de la maitrise de la production et l’adaptation aux fluctuations de prix pour les éleveurs laitiers et aux évolutions récentes et perspectives pour les éleveurs fromagers fermiers au sanitaire a fait l’objet d’une publication téléchargeable sur le site de l’Institut de l’Elevage.

Le coût de production en élevage caprin

Les travaux sur le coût de production se poursuivent avec en particulier :
• Une contribution au dossier coût de production mis en ligne sur le site de l’Institut de l’Elevage,
• Des présentations aux journées techniques caprines de Monteils-Montbazillac, aux journées techniques caprines des Pays de la Loire, à la journée technique caprine du CRIEL Centre, sur le salon CAPRINOV,
• La poursuite des formations auprès des techniciens et des interventions auprès des éleveurs,
• La mise au point de supports d’aide à l’analyse des résultats d’élevage et à l’identification de leviers d’action possibles (publication juin 2013)

Réactualisation du guide à l’installation

Le guide « pour une installation réussie en élevage caprin » rédigée dans le cadre de l’action Bien vivre du lait de chèvre et vendu par TECHNIPEL à été réimprimé avec en particulier la réactualisation des aspects réglementaires et la rédaction de nouveaux témoignages.

Le Code Mutuel des Bonnes Pratiques en Elevage Caprin

Le plan stratégique caprin prévoit la définition d’un cahier des charges « Production de fromages de chèvre équitable et durable ». Ce cahier des charges s’appuiera pour le volet amont sur le référentiel du Code Mutuel de Bonne Pratiques en élevage caprin qu’il conviendra de faire évoluer.

Un groupe de travail a été constitué avec des représentants des trois collèges des interprofessions régionales pour réfléchir à la définition de la production « équitable et durable » de définir les grandes orientations du futur référentiel. L’objectif est surtout de valoriser ce qui se fait déjà dans les élevages, en le mettant davantage en lumière, sans ajouter trop de contraintes supplémentaires aux producteurs.

En 2012, 1027 visites de validation ont été réalisées. Le nombre d’adhérents se monte à 2787, dont 90 nouveaux.

En décembre 2012, une formation a été proposée à Rennes aux nouveaux techniciens.

Le site internet

Depuis février 2012, le site internet de l’Institut de l’Elevage a fait peau neuve. La nouvelle version propose une entrée par filière, par domaine technique ou par métier.

Une page de Une est consacrée à la filière caprine, et aux éleveurs caprins. Chaque mois, cette Une met en avant des articles autour d’une thématique.

Les 4èmes Journées Techniques Caprines

Pour la 4ème fois, l’Institut de l’Elevage, en collaboration avec la FNEC, l’ANICAP, FCEL et l’APCA, organise les Journées Techniques Caprines qui s’adressent à tous les techniciens ou intervenants de la filière. Ces rencontres ont lieu tous les deux ans. Après le Lot, le Loir-et-Cher et la Drôme, ce sera la Vendée qui accueillera l’édition 2013 les 3 et 4 avril.

Le programme est constitué d’interventions techniques, de visites d’élevage et d’ateliers d’échanges ou d’approfondissement.

L’activité dans les régions :

En Poitou-Charentes et Pays de la Loire

En 2012, le travail engagé dans le cadre du réseau « systèmes d’exploitation » s’est poursuivi avec la réactualisation des cas types, la synthèse des données techniques et économiques 2011 et l’élaboration de fiches repères par système.

L’étude concernant les lactations longues a été finalisée avec une présentation réalisée à CAPRINOV et un dossier dans la revue La Chèvre n° 314, janvier/février 2013. Une plaquette à destination des éleveurs est en cours d’élaboration.

Une étude est en cours sur le coût de la distribution des aliments après une première étude consacrée en 2009 au coût de production des fourrages du champ au stockage à la ferme.

En Région Centre

En 2012 le travail engagé dans le cadre du réseau « systèmes d’exploitation » s’est poursuivi avec la réactualisation des cas types et la synthèse des données techniques et économiques 2011.

Le travail en cours pour apporter un appui aux éleveurs dans le cadre de l’adaptation aux conditions de production des AOP s’est achevé avec la réalisation d’une plaquette illustrée de témoignages et la mise au point d’un outil de calcul. La journée destinée aux éleveurs du réseau a été consacrée à la prairie avec une intervention de Pascale PELLETIER, Ferme des Bordes et une visite d’un élevage pratiquant le pâturage.

En PACA

La section caprine a décidé d’approfondir la connaissance des freins et motivations des éleveurs pour le passage en agriculture biologique. Un traitement spécifique des bases de données Diapason et BTE GTE a également été réalisé et a permis d’analyser les écarts entre élevage en agriculture biologique et élevages conventionnels sur les coûts alimentaires, la valorisation du lait et les résultats économiques de l’atelier et de l’exploitation. Ce travail a été présenté lors des Rencontres du Fromages Fermiers en Octobre 2012.

Une réflexion a également démarré sur les coûts de mise en marché des fromages (charges spécifiques, temps, …) et a permis la production d’un questionnaire d’enquête.

Le travail engagé sur l’élaboration de cas types a permis la rédaction de 4 cas types consacrés à des élevages fromagers fermiers. Un cas type laitier et un autre sur la filière angora sont en cours de rédaction.

En Languedoc Roussillon

Une synthèse régionale concernant les résultats du socle national et des BTE GTE a été rédigée.
Deux cas type (laitier et fromagers) ont été rédigés. Un travail sur l’agriculture biologique à partir d’un réseau régional est également en cours.

En Rhône Alpes

Le travail engagé sur l’élaboration de cas types a permis la rédaction de 4 cas types, 3 décrivent des systèmes fromagers fermiers, le dernier, un système laitier. Une réactualisation des données économiques a été menée pour la campagne 2012. Un travail en équipe sur les couts de production et sur leur évolution est en cours de finalisation. Une journée à destination des éleveurs de la Loire en décembre 2012 a été consacrée à cette thématique.

En Aquitaine et Midi-Pyrénées

En 2012, les trois cas-types laitiers ont été mis à jour. Deux cas-types fromagers ont été finalisés. Une étude a été conduite sur l’impact du passage en agriculture biologique pour une exploitation laitière en système pâturant.

L’Institut a participé à l’organisation et la réalisation des journées techniques caprines 2M (Monteils dans l’Aveyron et Monbazillac en Dordogne). Ces journées ont rassemblé 95 personnes à Monteils et 40 à Monbazillac. Elles étaient consacrées, le matin à la conjoncture de la filière avec en particulier, une présentation des premiers résultats du recensement agricole 2010 et un point sur la conjoncture économique difficile que traverse l’élevage caprin. Les ateliers de l’après midi étaient consacrés

* Au coût de production de l’atelier caprin,
* Au coût de l’élevage de la chevrette,
* Et à la nurserie.

Département Génétique :

Animation de la commission caprine de France Génétique Elevage

La commission caprine de FGE comprend des représentants des organismes suivants : FNEC, France Conseil Elevage, UNCEIA, Races de France, APCA et FNCL. Cette commission est présidée par G. Barat, et le secrétariat est assuré par l’Institut de l’Elevage (A .Piacère), en collaboration avec la direction technique de CAPGENES. Suite à la nouvelle organisation de l’Institut de l’Elevage, un changement d’animateur prendra vraisemblablement place. La commission est chargée d’orienter et suivre les activités du dispositif génétique caprin entrant dans le périmètre collectif : identification des besoins des utilisateurs, définition des méthodes, production des indicateurs de surveillance, études et mise au point des améliorations, maîtrise d’ouvrage du Système d’Information Génétique caprin.

Un séminaire génomique en filière caprine a eu lieu les 24-25 septembre 2012.

La commission, réunie en mars et novembre 2012 a traité notamment les points suivants :

«L’avancement du projet SIECL (refonte du système d’information caprin)»

Après le déploiement réalisé en janvier, l’année 2012 a encore été une année d’investissements importants dans le projet SIECL pour améliorer le fonctionnement et intégrer de nouvelles fonctionnalités.

«Les programmes de recherche sur la génétique des caprins»

Les travaux menés à l’INRA – SAGA sur la génétique des caprins reposent, pour la plupart, sur une collaboration avec l’Institut de l’Elevage, formalisée par une Unité Mixte Technologique labellisée par le Ministère de l’Agriculture qui concerne l’amélioration génétique des petits ruminants (caprin, ovins lait et allaitant). En 2012, ce partenariat a été renouvelé avec un nouvel agrément par le Ministère pour une durée de 5 ans (nov 2012 – nov 2017). Ce nouveau projet est structuré autour des 4 thématiques suivantes :

* Evaluer les valeurs génétiques des reproducteurs en y intégrant la génomique

*Contribuer à l’intégration de nouveaux caractères dans les schémas de sélection

*Proposer des méthodes et outils de gestion des populations dans l’ère de la génomique

*Accompagner les acteurs du Dispositif Génétique des petits ruminants.

En 2012, les éléments les plus importants du programme sont :

*En lien avec le déploiement de SIECL, évolutions pour permettre la réalisation des évaluations génétiques dans ce nouvel environnement. Ce point constituait la priorité première et a largement mobilisé les équipes.

*Poursuite des travaux de mise au point d’une indexation des reproducteurs sur les comptages cellulaires dans le lait, associée à une étude du lien entre les comptages cellulaires, la santé de la mamelle, et la qualité du lait (financement par la région Centre). L’objectif est de pouvoir disposer d’une évaluation officielle pour les CCS au tout début de l’année 2013 dans un premier temps pour les boucs et dans un 2nd temps pour les chèvres.

En 2012, l’UMT GGPR étroitement associé à l’UMT santé des Petits Ruminants, a collaboré à la construction d’un projet CASDAR RFI (MAMOVICAP) qui a été accepté et démarrera en janvier 2013. L’objectif de ce projet est de contribuer à l’amélioration de la maîtrise des infections mammaires chez les petits ruminants laitiers en élaborant et en mettant à la disposition des intervenants en élevage de nouveaux outils d’investigation s’appuyant sur les informations accessibles en routine dans les troupeaux : observations en élevage, informations de cinétiques de traite issues du Lactocorder, spectres MIR ….
*Projet de recherche sur les ESST (tremblante) (financement européen) ;

*PHENOFINLAIT : analyse des déterminants génétiques et non génétiques de la composition du lait en acides gras (financement professionnel et public) Une journée nationale de présentation des travaux réalisés dans le cadre de Phénofinlait a été organisée le 28 novembre 2012. A cette occasion, une plaquette présentant les principaux résultats obtenus en filière caprine a été produite (www.phenofinlait.fr ou www.idele.fr/)

*VARUME : gestion de la variabilité génétique des ruminants et des équidés,

*OSIRIS : calcul des pondérations économiques des caractères entrant dans l’objectif de sélection des bovins, ovins et caprins ;

*GENOVICAP : utilisation et gestion des informations génomiques dans la sélection des petits ruminants

Ces 3 derniers projets bénéficient d’un financement CASDAR.

Un séminaire a été réalisé en septembre 2012, afin d’informer les responsables des organismes impliqués dans l’amélioration génétique des perspectives ouvertes par la génomique. Les réalisations utilisées dans les filières proches seront présentées, ainsi que l’avancement de la réflexion et des outils concernant les caprins.

«Identification et traçabilité des caprins»

Trois éléments relatifs à l’identification et la traçabilité des caprins ont fait l’objet d’un développement au cours de l’année 2011 :

*Mise en place de la traçabilité individuelle des petits ruminants (TRACIND)

*Suivi du déploiement de l’identification électronique dans la filière caprine

*Développement d’outils de communication autour de la RFID

Traçabilité individuelle des petits ruminants

Dans le cadre de TRACIND l’étude des évolutions possibles vers une traçabilité individuelle a commencé en 2011 et s’est poursuivie sur l’année 2012. Ces travaux orientent la gestion de la traçabilité des petits ruminants vers :

*une gestion du système confiée à un consortium professionnel

*l’institution de catégories d’animaux pour lesquelles les obligations de notification diffèreront.

Ces travaux ont consisté en :
*un appui à la rédaction des textes règlementaires pour le déploiement d’une traçabilité individuelle à l’horizon de juillet 2012.

*une aide à la rédaction des cahiers de charges informatiques pour l’adaptation de la gestion de la traçabilité par les bases de données locales (MNIOC), nationale (OVINFOS) et règlementaire (BDNI).

Identification électronique

La nouvelle réglementation en matière d’identification des chèvres précise la possibilité d’utiliser la bague électronique au pâturon comme repère officiel. L’année 2011 a été l’occasion d’initier des études sur l’utilisation de ce support par la filière caprine. Ces travaux ont pris la forme suivante :

*En 2010, une enquête dans des exploitations et de nombreuses mesures sur le troupeau du Pradel ont permis d’établir une courbe type d’évolution de la croissance de la circonférence du paturon en fonction de l’âge de l’animal : ces résultats sont confirmés au cours de cette campagne : +1 cm entre 4-6 mois et 1 an ; + 1 cm entre 1 an et 4 ans. Une enquête auprès d’une vingtaine de producteurs dans la région Rhône-Alpes a permis également d’évaluer ce qui freine les producteurs pour poser les bagues au pâturon de manière précoce (avant 6 mois) tel que l’impose la réglementation. Cette première base d’enquête a permis également d’évaluer le pourcentage de perte de ces identifiants pour 3 types d’identifiants agrées (en moyenne 7%) ainsi que leur facilité de lecture (tests de lisibilité). Un travail complémentaire à envergure nationale a été effectué en 2012.

*Le suivi national par tranche de 3 mois de l’évolution du niveau de commande de repères électroniques dans les exploitations caprines par département et par modèle.

*Le suivi des agréments de repères d’identification officiels des petits ruminants.

Les études autour du support bague de pâturon ont induit une intensification des actions de suivi de ce repère durant l’année 2012, ainsi que la structuration d’une cellule de veille pérenne sur les repères d’identification caprine ce qui n’a pu être fait en 2011.

Communication :

L’Institut de l’Elevage continue par ailleurs à assurer le suivi des problèmes rencontrés par les organismes assurant l’identification.

L’Institut de l’Elevage tient à jour, sur son site web, un espace thématique Identification et traçabilité animale qui comprend une rubrique dédiée à la RFID et à son appropriation. Tous les textes réglementaires et techniques, les cahiers des charges informatiques, les documents de communication y sont accessibles, ainsi que des informations sur l’identification des animaux dans les pays voisins.

«Contrôle de performances»

Les statistiques nationales du contrôle laitier caprin

Les statistiques nationales du contrôle laitier sont éditées conjointement par France Conseil Elevage et l’Institut de l’Elevage, à partir des données de performances stockées dans la Base Nationale Caprine gérée au CTIG à Jouy-en-Josas. Les résultats départementaux et régionaux sont envoyés aux organismes de contrôle laitier par l’Institut de l’Elevage.

Les résultats de la campagne 2008 – 2010 portent sur 1 715 troupeaux et 240 000 lactations terminées et qualifiées au regard du règlement technique du contrôle laitier.

La production moyenne, toutes races confondues, est de 842 kg de lait en 274 jours, avec un TP moyen de 32,3 g/kg et un TB moyen de 37,0 g/kg.

Les résultats du contrôle laitier sont accessibles sur le site web de l’Institut de l’Elevage.

Un travail d’analyse a été mené en 2012 pour définir un document de présentation des statistiques de contrôle laitier incluant les 3 espèces laitières (bovin, caprin et ovin). L’objectif est de pouvoir éditer les statistiques de l’année N au cours du premier trimestre de l’année N+1. La première version de ce document devrait intervenir au cours du premier trimestre 2013 et concernera l’année 2012.

Etude de l’allègement des protocoles de contrôle laitier

France Conseil Elevage a demandé à l’Institut de l’Elevage d’étudier la possibilité d’utiliser un protocole simplifié, basé sur trois contrôles par animal au cours de la période la plus représentative de la lactation. Les modalités de prise en compte de ce protocole dans l’indexation des reproducteurs ont été étudiées. Les résultats ont montré que la réduction du nombre de contrôles sur la période de référence (les 250 premiers jours de lactation), induisait une imprécision excessive du classement des reproducteurs dans l’indexation, en particulier lorsque ce protocole simplifié est sous forme de contrôles alternés. Des aménagements préalables, autant sur le calcul des performances que sur les modalités de prise en compte dans l’indexation, sont nécessaires pour envisager l’utilisation d’un tel protocole à des fins génétiques.

Dans la continuité des études concernant l’allègement du contrôle lait (cf. CR de l’année 2011), les travaux visant à la révision des critères de qualification des lactations ont été engagés.

«Evaluation génétique des reproducteurs»

L’évaluation génétique des reproducteurs pour les caractères de production laitière est assurée par l’INRA, tandis que l’Institut de l’Elevage valide les index et calcule l’indice de connexion des troupeaux. Seuls les élevages « connectés » ont leurs index diffusés. Pour les autres, une note intra-troupeau permet à l’éleveur de comparer ses animaux entre eux.

L’évaluation génétique des reproducteurs pour les caractères de morphologie est réalisée par l’Institut de l’Elevage, ainsi que le calcul de l’index de synthèse (ICC) combinant des critères laitiers et les critères de morphologie. En 2012, la composition des index synthétiques de morphologie a été revue pour les races Alpine et Saanen, ainsi que la combinaison production-morphologie en race Saanen, de façon à mieux répondre aux objectifs de sélection définis par Capgènes.

La mise en place de SIECL en 2012 permet de mettre ces informations à disposition des éleveurs et des techniciens de conseil pour réaliser au mieux le choix des reproducteurs.

Les résultats de l’indexation et les principales évolutions sont publiées en début d’année dans une Note d’Indexation Caprine, accessible sur le site web de l’Institut de l’Elevage.
«
Programmes de sélection – conservation des races»

Races Alpine et Saanen

La Loi d’Orientation Agricole de 2006 a confié la responsabilité du choix des boucs proposés à la monte publique par insémination à l’Organisme et Entreprise de Sélection CAPGENES.

Tous les boucs proposés à la monte publique sont déclarés auprès de l’Institut de l’Elevage qui vérifie la conformité de leur dossier administratif à la réglementation (généalogie, évaluation génétique).

Autres Races

L’Institut de l’Elevage assure un contact avec l’ensemble des races et des initiatives en matière de conservation des races caprines. Le travail réalisé porte principalement sur le suivi et la mise à jour annuelle des bases de données individuelles des animaux en race Chèvre Provençale, Massif Central, Poitevine et Chèvre des Fossés, et des populations en exploration comme la Chèvre de Savoie. Des collaborations existent également au niveau régional pour la chèvre de Lorraine ou des Pyrénées ou d’autres populations non encore reconnues comme la chèvre Catalane. En 2008, Capgènes a été reconnu Organisme de Sélection unique pour l’espèce caprine. Il délègue sa mission de tenue des livres généalogiques à l’Institut de l’Elevage pour les races dont Idele s’occupait auparavant. Une réunion par an est organisée en partenariat avec Capgènes avec l’ensemble des associations de race pour discuter des problématiques spécifiques aux races à faibles effectifs.

Sur le site web de l’Institut de l’Elevage, l’espace thématique « Ressources Génétiques » donne régulièrement des informations sur les races locales caprines ainsi que sur l’évolution de ces races.

Département Technique d’Elevage et Qualité :

Station expérimentale caprine du Pradel (en collaboration avec le PEP caprin de Rhône-Alpes.

Santé

«Actions menées dans le cadre de l’UMT Santé des Petits Ruminants (SPR)»

***Axe 1 : Gestion sanitaire des troupeaux

1- Enquête sur la perception par les éleveurs des causes de sortie des animaux.

En 2010, des enquêtes ont été conduites auprès d’éleveurs caprins (en suivi de références ou dans le cadre des réseaux d’élevages) afin de mieux appréhender leurs situations sanitaires et les causes de réforme. Cette enquête a permis de faire une photographie de la situation sanitaire des troupeaux enquêtés.

D’autre part, les données 2009 de la base de données des réseaux d’élevages de 106 élevages du Socle National (ceux ayant une information sur les taux de sortie des animaux) ont été valorisées sous un angle sanitaire.

Globalement les éleveurs du Socle National prennent des conseils d’ordre sanitaire principalement auprès des vétérinaires et des techniciens d’élevage. La stratégie de traitement antiparasitaire est très dépendante du système fourrager dominant, avec notamment un nombre accru de traitements pour les chèvres au pâturage. Les réformes subies sont considérées comme handicapantes par les éleveurs, mais leur impact économique apparaît peu marqué notamment pour les éleveurs livreurs. Enfin, on retrouve une bonne cohérence entre les principaux troubles sanitaires rapportés par les éleveurs et les principales causes de sortie, qui sont la reproduction, la production (santé de la mamelle), les troubles digestifs.

Cette enquête permet aussi de dégager des axes de recherche pour améliorer le niveau sanitaire des troupeaux caprins tels que la définition d’indicateurs simples et objectifs pour mieux cibler les animaux à traiter contre les parasites ou encore une meilleure évaluation de l’impact sanitaire de la distribution d’une quantité importante de concentré.

2- Diagnostic différentiel des avortements chez les petits ruminants

Depuis 2011, un groupe de travail animé par l’UMT SPR, mobilisant les expertises d’un ensemble de personnes ressources (scientifiques, vétérinaires, GDS, laboratoires) élabore une procédure de diagnostic différentiel des avortements avec l’objectif d’améliorer les taux d’élucidation. Ce travail s’établit dans un contexte d’évolution réglementaire de la surveillance des avortements (révision de la définition, détermination de critères d’alerte, évolution de la réglementation vis-à-vis de la brucellose).

Les travaux du groupe ont d’abord porté sur les maladies de première intention : fièvre Q (traitée dans un groupe national dédié), chlamydiose, toxoplasmose, salmonellose, border disease. Pragmatique, la démarche adoptée est une démarche de groupe qui nécessite des compromis pour valoriser au mieux le matériel biologique disponible en élevage. Ainsi, sur le plan opérationnel, le groupe de travail propose, de concevoir un kit de prélèvements permettant de disposer d’emblée d’un ensemble d’échantillons incluant ceux nécessaires aux analyses réglementaires pour la surveillance de la brucellose et, dans les départements pilotes, de la fièvre Q. Pour chacune des maladies identifiées, des arbres décisionnels ont été définis et permettent de préciser les procédures à engager : choix des animaux à prélever, nature des matrices à analyser, méthodes diagnostiques préférentielles. Les limites des analyses sérologiques ont été relevées et le recours au diagnostic direct s’impose le plus souvent. Dans tous les cas, le diagnostic doit reposer sur l’interprétation d’une combinaison de résultats produits sur un ensemble d’animaux.

Les travaux du groupe de travail se poursuivent pour finaliser des fiches pratiques (par maladie, concernant les prélèvements,…) et pour donner enfin des recommandations pour le dépistage des maladies recherchées en deuxième ou troisième intentions. Enfin, un projet de recherche sur l’intérêt et les limites d’analyses de mélange semble indispensable pour parvenir à terme à optimiser la démarche diagnostique et à en réduire le coût.

***Axe 2 : L’épidémiologie et la prévention des mammites « non spécifiques »

Le contenu du projet de maîtrise des concentrations cellulaires est défini dans le cadre du Plan Stratégique Caprin « Maîtrise des numérations cellulaires individuelles et de troupeau en relation avec les particularités de conduite d’élevage en cheptels caprins laitiers : évaluation des mesures de contrôle spécifiques et élaboration des outils d’intervention »

Le volet 1 réalisé en 2012 consiste à mettre en place un dispositif d’accompagnement des producteurs en actualisant les outils créés en 2000 en proposant de nouveaux supports de communication (site web) et de nouvelles démarches d’intervention. Le volet 2 est axé sur les recommandations autour de la traite et la machine à traire. En 2012, les résultats des contrôles OPTITRAITE ® ont été analysés permettant de faire ressortir les principaux dysfonctionnements et le lien éventuel avec les taux cellulaires. Cela a conduit à réviser les procédures de contrôle et à proposer une formation sur la conception du bloc traite. Un travail particulier a été fait sur les déposes automatiques. Les travaux sur le volet 3 concernant l’évaluation de l’impact des pratiques d’élevage a commencé en 2012 avec des travaux sur la gestion du tarissement en monotraite au Pradel.

1. (Volet 1) Mise en œuvre d’un dispositif d’accompagnement des producteurs caprins pour la maîtrise des concentrations cellulaires

Un groupe technique national a été constitué fin 2011. Il fait appel à des techniciens des entreprises ou des structures de conseil, de développement, d’appui technique aussi bien dans le domaine de la qualité du lait que de la traite issus des principales régions de production caprines. Il s’appuie en outre sur l’expertise de l’Institut de l’Elevage, de l’ENVT, de l’Anses de Niort et de la station expérimentale caprine du Pradel.

Le programme de travail inclut tout d’abord l’actualisation des supports de sensibilisation et de formation existants. Pour ce faire, un espace a été consacré à cette thématique sur le site Web de l’Institut de l’Elevage. Il se décline en 8 rubriques, 5 apportant une base documentaire (thèmes abordés : les infections de la mamelle, les facteurs de variations et l’interprétation des concentrations cellulaires, la maîtrise de la santé mammaire, les impacts sur la production et la transformation) ; 3 mettant à disposition des utilisateurs différents types d’outils : fiches techniques, documents d’intervention en élevage, application facilitant l’évaluation des pertes de production,… Après une première mise en ligne en mars 2012, le site s’enrichit progressivement. La première étape a donc consisté en une relecture et une révision de fiches techniques téléchargeables existante sur le site www.idele.fr, en apportant une expertise sur les aspects liés à la traite et aux installations de traite. Des documents complémentaires seront rédigés, notamment sur la pose et la dépose des faisceaux trayeurs.

De plus, une réflexion sur les démarches d’intervention en élevage est réalisée. Il s’agit en particulier de construire une démarche de type HACCP qui facilite l’appropriation de la thématique « mammites et cellules » par les producteurs et permette la définition de plans de maîtrise réellement adaptés aux conduites d’élevage rencontrées sur le terrain. Cette démarche est mise en œuvre dans le Sud-Est et est pilotée par le Pôle d’Expérimentation et de Progrès Caprin Rhône Alpes. Un ensemble d’étapes clés ont été définies et la description, pour chaque danger identifié, des mesures préventives et correctives, ainsi que du système de surveillance à mettre en place, est en cours.

2. (Volet 2) Travail exploratoire sur l’incidence de la traite sur la qualité du lait chez les petits ruminants

Fondé sur l’exploitation des données disponibles à l’issue des contrôles des installations de traite (Optitraite®), ce travail exploratoire avait pour objectifs de réaliser un état des lieux du parc des installations de traite, de décrire la fréquence et la nature des dysfonctionnements constatés et d’analyser les relations entre les informations relatives aux machines à traire et les résultats de qualité du lait.

Ce travail a fait l’objet d’un stage de fin d’études d’ingénieur de l’Ecole d’Ingénieurs de Purpan. La base de données a été constituée. Le recours à un système d’information automatisé (Logimat3), encore en cours de déploiement, a limité les zones d’investigation et le nombre de contrôles accessibles. Au total, 502 contrôles d’installations caprines répartis sur 3 ans, ont été saisis. Des systèmes de traite dominants sont observés : lactoduc en ligne basse prédominant, pulsation simultanée, utilisation de griffes à ouverture/fermeture automatiques majoritaire (79%), dépose automatique mise en place dans 19 % des cas. Les proportions d’installations présentant des bilans satisfaisants avant et après intervention sont respectivement de 16,3 % et 46,6 %. Les points restés insatisfaisants sont le plus souvent ceux qui nécessitent un renouvellement de matériel.

Les résultats issus du croisement de ces informations avec les données de qualité du lait doivent être considérés avec précaution en raison de l’existence de nombreux biais liés à l’échantillonnage et à la nature des indicateurs disponibles. Néanmoins, ils tendent à montrer l’importance de l’ancienneté des installations : écart de l’ordre de 300 000 cellules par ml entre les installations de moins de 5 ans par comparaison à celles de plus de 20 ans. Parmi les défauts associés à des différences significatives de concentrations cellulaires, on relève l’impact du réglage du vide de traite (+ 260 000 cellules/ml) et celui de la régulation du vide (+185 000 cellules /ml). Ces éléments demandent à être complétés et confortés.

Des tests ont été réalisés en vue de la validation du programme « chèvre » de contrôle des déposes automatiques sur les différents modèles du parc :

La première étape a consisté à valider le programme « chèvre » présent sur le SFT (Simulateur de Fin de Traite), développé en 2010-11. La fiche de saisie des résultats et la méthode de mise en place ont également évolués pour prendre en compte les spécificités de la dépose en caprins : conductivité du lait à 6,3 ms/cm (et non 5,3 comme en bovins), débit maximum moins élevé, peu de vérins de dépose, donc peu (ou pas) de mesures du vide résiduel,…

La possibilité de contrôle de 4 modèles a été validé par le groupe « Dépose » du COFIT. D’autres validations suivront au fur et à mesure de l’avancement des travaux du groupe. Des tests complémentaires ont été effectués sur des matériels positionnés sur des installations en ligne haute, plus délicats à contrôler, mais également à régler.

Cette étude a par ailleurs mis en évidence un besoin d’harmonisation dans la description du matériel et l’évaluation des dysfonctionnements des installations (terminologie parfois ambigüe, notions non définies précisément et de ce fait non comprises,…) et la nécessité d’une formation des techniciens de terrain. Elle a donné lieu à de nombreux échanges avec les techniciens traite et ses conclusions ont d’ores-et-déjà été prises en compte dans l’évolution en cours des contrôles des installations comme de l’interface logicielle de Logimat.

Une étape a consisté à intégrer un module spécifique au contrôle des déposes automatiques à l’application Logimat 3®. Un cahier des charges a été rédigé et validé par le groupe « Dépose » du COFIT pour permettre ce développement par la société AtolCD. Le développement a été effectué fin 2012 et les premiers tests sont en cours de finalisation. Ce module sera ouvert aux agents traite en juillet, suite à leur formation lors de la session annuelle de perfectionnement de juin.

3. Elaboration d’outils innovants d’intervention et d’aide à la décision pour la maîtrise des mammites en élevages de petits ruminants laitiers (Mamovicap)

Le projet Mamovicap a été retenu à l’Appel à projets CASDAR « Recherche Finalisée et Innovation » 2012. Il a pour objet la mise au point d’outils innovants d’intervention et d’aide à la décision pour la maîtrise des mammites en élevages de petits ruminants laitiers. Porté par les UMT « Gestion Génétique et Génomique » et « Santé » des petits ruminants, il s’appuie sur de nombreux partenaires : INRA (SAGA, PEGASE, IHAP-ENVT), Comité National Brebis Laitières (CNBL), France Conseil Elevage (FCEL), EPL Olivier de Serres, Capgènes ainsi que l’entreprise WMB qui commercialise les Lactocorders.

Le développement de ces outils d’intervention est fondé sur le recueil et l’analyse d’informations accessibles en routine dans les troupeaux. Il s’agit à la fois de valoriser l’observation en élevages et d’exploiter les sources possibles d’enregistrements automatisés ou susceptibles de l’être aussi bien dans le domaine du diagnostic ou du dépistage des infections mammaires, que dans celui de la traite. Les outils ainsi développés devraient permettre : d’optimiser la sélection d’animaux résistants aux infections mammaires ; de mieux comprendre les facteurs de risques pour déterminer les points critiques en élevage et proposer des solutions adaptées.

Le projet se décline en 5 axes de travail :
* Axe 1 – Mise au point et valorisation de méthodes directes ou indirectes de détection des infections mammaires.

* Axe 2 – Détermination de facteurs visant à caractériser la traite à l’échelle individuelle. Seront étudiés les caractères phénotypiques de l’aptitude à la traite (facteurs liés à l’animal) et les facteurs caractérisant les conditions de traite (l’équipement de traite et son fonctionnement, l’organisation du trayeur et ses pratiques).

** Participation aux réunions de préparation,

** Préparation du protocole d’expérimentation de l’axe 2.2,

** Tests exploratoires en laboratoire (laboratoire « Traite » de Derval) : influence de la mise en série de matériels de contrôle, conception et tests des dispositifs de simulation des entrées d’air, tests d’éléments du protocole sur une mamelle artificielle,

** Echanges avec les sites expérimentaux retenus pour 2013-2014.

* Axe 3 – Analyse de la réceptivité et de la sensibilité des animaux aux infections mammaires et étude de l’incidence de l’aptitude à la traite et des conditions de traite sur le risque infectieux.

* Axe 4 – Intégration à l’échelle de l’élevage, de ces outils et connaissances pour des démarches d’intervention et de conseil adaptées aux contextes et objectifs de production

* Axe 5 – Evaluation de l’acceptabilité et formalisation.

La durée totale prévue du projet est de 3 ans, à compter de janvier 2013.

4. Etude préliminaire sur les élévations inexpliquées de la flore totale.

Ce travail a été conduit en deux étapes, la première d’ordre bibliographique, la seconde fondée sur l’analyse des bases de données communiquées par les laboratoires interprofessionnels d’analyses (LILCO et GALILAIT pour les caprins) avec l’appui des Interprofessions.

Les informations disponibles montrent que, sur le plan analytique, les particularités des laits de chèvres et de brebis nécessitent l’établissement de procédures de calibration spécifiques. Bien que vraisemblablement modérée, l’incidence de concentrations cellulaires très élevées (au-delà de 4 millions de cellules par ml) sur les résultats des dénombrements automatisés, mériterait d’être quantifiée. Les cas de non concordance entre les résultats obtenus par la méthode de référence et par les techniques de comptages automatisées, incitent enfin, à la réalisation d’une étude comparative entre les différents types ou générations de BactoScan® et la technique de référence.

Les résultats de flore totale sur 5 ans témoignent d’une maîtrise globale des conditions d’hygiène, incluant la traite, la collecte et le stockage du lait (moyenne géométrique 13 800 ufc/ml). Le pourcentage moyen de contrôles pour lesquels la flore totale dépasse le seuil de 50 000 ufc/ml est de 8,4 %. Il s’agit le plus souvent de phénomènes accidentels de durée limitée (moins de 3 décades). Peu fréquents, les cas d’élévations récurrentes ou persistantes de la flore totale recouvrent des situations diverses comme en témoigne l’analyse typologique conjointe des résultats de flore et de concentrations cellulaires. La caractérisation de ces populations (structure, conduites d’élevage) permettrait d’approfondir la connaissance des facteurs de risque associés. Par ailleurs une valorisation des typologies semble envisageable sous un angle prédictif : la définition d’indicateurs de risque ou de critères d’alerte pourrait favoriser une plus grande réactivité dans l’élucidation et la maîtrise des problèmes rencontrés.

– Axe 3 : Gestion du parasitisme

«Déterminations d’indicateurs et d’outils d’aide à la décision pour la gestion du parasitisme chez les petits ruminants.»

Les travaux engagés concernent les infestations par les strongles gastro-intestinaux (SGI) qui demeurent une contrainte majeure de l’élevage des petits ruminants à l’herbe en raison des pertes de production, voire des mortalités provoquées. Face au développement des résistances aux anthelminthiques (AHs), il s’agit de développer des approches de gestion du parasitisme liées à des méthodes alternatives ou complémentaires à la chimiothérapie. Cela inclut la mise en œuvre de traitements sélectifs s’appuyant sur le développement d’indicateurs du parasitisme permettant de définir qui et quand traiter.

Ce projet s’inscrit au sein du programme CASDAR « Développement et évaluation de stratégies et d’outils pour optimiser l’usage des anthelminthiques dans la maitrise des strongyloses gastro-intestinales en élevage de ruminants » en lien avec l’UMT Santé des bovins de Nantes, et reçoit l’appui financier de la Région Midi Pyrénées.

* Volet 1 : Comparaison des valeurs de coproscopies individuelles ou de groupe

Différentes modalités d’analyse de groupe de l’intensité du parasitisme du troupeau sont comparées (coproscopies de mélange avec ou sans broyat des fèces vs coproscopies individuelles moyennées). Les résultats préliminaires sont en voie de consolidation mais confirment à ce jour une corrélation positive entre moyenne de coproscopies individuelles et valeur de coproscopie de mélange quelle que soit la méthode appliquée.

* Volet 2 : Validation d’indicateurs cliniques ou zootechniques pour identifier les animaux à risque nécessitant un traitement ciblé.

Plusieurs indicateurs cliniques (index FAMACHA corrélé à l’anémie due aux infestations par
Haemonchus contortus, index DISCO lié à la présence de diarrhée) ou zootechniques (altérations de courbe de croissance) sont étudiés. Les relevés cliniques sont en cours et couplés à d’autres analyses (mesures de l’hématocrite, coproscopies) ou observations (notes d’état corporel).

* Volet 3 : Développement d’outils d’aide à la décision fondés sur le développement de systèmes experts pour analyser la conduite du pâturage et les risques parasitaires afférents.

Le projet vise à adapter le système expert informatisé existant pour les bovins (Parasit’info) aux systèmes d’élevages caprins et ovins par la prise en compte des spécificités du parasitisme chez ces hôtes et de la conduite des troupeaux (analyse des facteurs de risque à l’échelle du troupeau et du pâturage). Il s’agit de permettre à terme un diagnostic personnalisé du risque parasitaire en fonction de la conduite d’élevage et des données météorologiques, et ainsi de mieux raisonner le moment et le type de traitement à mettre en œuvre.

Surveillance des avortements ; surveillance et maîtrise de la fièvre Q en élevage

L’Institut de l’Elevage participe aux groupes de travail pilotés par la DGAl relatifs aux avortements (thématique générale des avortements, brucellose, fièvre Q) et au sous-groupe Avortements de la Plateforme d’Epidémiosurveillance.

Ces travaux s’inscrivent dans une réflexion globale sur les modalités de surveillance de maladies abortives d’intérêt public (brucellose, fièvre Q et fièvre de la vallée du Rift), incluant la définition réglementaire de l’avortement infectieux, les critères d’alerte en matière de surveillance et la mise en place d’un dispositif pilote vis-à-vis de la fièvre Q clinique. Cette surveillance peut également permettre de détecter certaines maladies émergentes comme actuellement la maladie de Schmallenberg.

Les actions entreprises ou poursuivies en 2012 concernent :

** la surveillance des avortements : les réflexions engagées concernent l’évolution du dispositif de déclaration des avortements. Elles s’appuient notamment sur un travail analytique (évaluation de la sous-déclaration) et sociologique (facteurs influençant la participation au dispositif) conduit chez les bovins par l’Anses (thèse d’A. Bronner). La formation et la sensibilisation des acteurs font partie des objectifs attendus.

** La surveillance de la brucellose : l’objectif est d’améliorer la surveillance du territoire via les prophylaxies avec une réflexion sur la redistribution et la fréquence des prélèvements, ceci dans un contexte de mise en évidence de nouveaux foyers de brucellose chez les bovins courant 2012. Les travaux concernent la révision de l’Arrêté Ministériel du 13 octobre 1998 relatifs à la prophylaxie collective et la police sanitaire.

** La surveillance clinique de la fièvre Q et l’harmonisation des outils : Un dispositif pilote de surveillance clinique (évènementielle) de la maladie chez les ruminants est mis en place dans dix départements (arrêté ministériel et financier paru en septembre 2012). L’année 2012 a été consacrée à un important travail d’harmonisation, validation et calibration des analyses (Elisa et PCR Temps Réel), piloté par le Laboratoire National de Référence de Sophia-Antipolis avec l’appui des fabricants de kits et des laboratoires d’analyses.

Programme EcoAntibio 2017

La lutte contre les phénomènes de résistances des bactéries aux antibiotiques constitue un enjeu de santé publique majeur concernant aussi bien la médecine humaine que la médecine vétérinaire. Il s’agit d’une part de limiter l’émergence de ces phénomènes, la sélection et la diffusion des bactéries résistantes et d’autre part, de préserver l’arsenal thérapeutique existant. Pour ce faire, un plan national destiné à réduire les risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire a été mis en place. Il se décline en 40 mesures organisées en 5 axes.

* Axe 1 : Promouvoir les bonnes pratiques et sensibiliser les acteurs aux risques liés à l’antibiorésistance et à la nécessité de préserver l’efficacité des antibiotiques,

* Axe 2 : Développer les alternatives permettant d’éviter le recours aux antibiotiques,

* Axe 3 : Renforcer l’encadrement et réduire les pratiques à risque,

* Axe 4 : Conforter le dispositif de suivi de la consommation des antibiotiques, et de l’antibiorésistance,

* Axe 5 : Promouvoir les approches européennes et les initiatives internationales.

L’Institut de l’Elevage pilote la mesure 14 relative à la promotion de la prophylaxie sanitaire et des mesures zootechniques. Sont ainsi en cours de recensement les actions de communication ainsi que de recherche et de développement en cours ou en projets concernant des pathologies cibles telles que les mammites, les diarrhées néonatales, …

Il participe également à la co-animation du Groupe Ruminants pour la Mesure 1 sur la sensibilisation et la communication en matière d’antibiorésistance. Des supports d’animation sont en cours d’élaboration et pourraient venir compléter notamment le contenu des formations de type éleveurs-infirmiers.

Travaux spécifiques de l’UP Traite

1. Nettoyage :

Intégration des contextes particuliers « petits ruminants » à la réflexion visant à la révision des procédures de contrôle du nettoyage et des documents de préconisation rattachés (température de fin de cycle de lavage plus élevée, ligne haute plus présente,…)

2. OptiTraite® et CertiTraite® :

Adaptation des méthodes de contrôle aux caractéristiques caprines et aux pratiques en élevages caprins : test de régulation du niveau de vide (adaptation au nombre de postes et de trayeurs) et des fuites aux faisceaux trayeurs (abandon progressif de la pratique de la « fuite globale »),

Mise à jour des référentiels prenant en compte les spécificités de fonctionnement des installations de traite caprines.

3. Techniciens :

Conception d’une formation « Concevoir son bloc traite en caprins », pour les 15 et 16 octobre 2013 à St Affrique, proposée sur www.idele.fr.

4. Gestion du dispositif de contrôle des installations de traite :

Appui aux agents de contrôle des installations de traite et aux animateurs de maîtrise d’œuvre locaux, notamment en zone de production caprine.

5. Recherche et développement (travaux complémentaires) :

Echanges avec le Syndicat du Roquefort pour l’intégration des spécificités de production dans les travaux visant l’évolution des référentiels de contrôle des installations de traite.

Alimentation et conduite des troupeaux laitiers :

Activité du Groupe technique national sur l’Alimentation des Caprins (GAC)

Le GAC s’est réuni à 5 reprises en 2012 pour sa propre activité et pour le suivi du programme SYSCARE.
L’activité propre du GAC se résume en 2 points :

* La réalisation d’un document « Des indicateurs liés à l’observation des troupeaux pour ajuster le rationnement des chèvres laitières » de 31 pages dans la collection « Fiches techniques » de l’Institut de l’Elevage.

* Les programmes et supports de formation en alimentation caprine continuent à être revus de façon à présenter les acquis du programme SYSCARE et le contenu de l’ouvrage « L’alimentation pratique des chèvres laitières » publié en 2011.

Poursuite du programme SYSCARE (SYStèmes Caprins d’Alimentation Respectueux de l’Environnement)

Ce programme CASDAR, débuté en 2010, s’est poursuivi en 2012. Il a pour objectif de compléter les outils de pilotage de l’alimentation caprine à partir d’indicateurs obtenus par l’observation des troupeaux. Les 2 dernières actions se sont poursuivies en 2012.

* L’action 2, concerne la réalisation d’un outil de diagnostic- conseil de l’alimentation des troupeaux dénommé ALCARE. Cet outil intègre un générateur d’indicateurs de 3 ordres :

**nutritionnels par l’intermédiaire d’un rationneur qui décompose le troupeau en 3 : chèvres moyennes, chèvres faibles productrices et chèvres cibles

**comportementaux (tri sur refus, ingestions, rumination, fèces, composition du lait…)

**environnementaux liés au seul rationnement (bilans, flux, impacts).

* L’action 2 s’est aussi poursuivie par un essai zootechnique au Pradel sur la cinétique des reprises d’états corporels et l’efficience alimentaire qui en découle (voir § relatif à l’activité du Pradel)

* L’action 3, a concerné la mise en place d’un réseau de 22 élevages caprins avec un plan d’amélioration de l’alimentation tant technique (efficacité) économique qu’environnemental. Lors de 2 journées, 10 et 11 décembre 2012, un bilan a été réalisé au Pradel en présence des éleveurs et des conseillers.

* L’action 3 a aussi consisté à réaliser des supports de formation avec des enseignants-formateurs. Le CFFPA de Melle et d’Aubenas ont participé à ces réalisations. Des journées de diffusion auprès des enseignants et formateurs en production caprine ont été préparées (journées ayant lieu début 2013 à Melle et Aubenas)

Station expérimentale caprine du Pradel (en collaboration avec le PEP caprin de Rhône-Alpes.

L’année 2012 a été marquée par la première année de réorganisation administrative de la « ferme expérimentale caprine du Pradel » et le démarrage du programme de rénovation du site. Un bureau d’études « Polyprogramme » a été missionné par le Conseil Régional pour formaliser le programme de rénovation du site du Pradel (ateliers caprins et ovins). Celui-ci a fait l’objet d’un consensus entre les différents partenaires (EPLEFPA-PEP caprins- Institut de l’Elevage). Un vote du conseil régional a eu lieu au début de l’année 2013 pour entériner ces propositions.

En 2012, 6 essais ont été conduits, 2 dans le domaine de l’alimentation (programme SYSCARE), , 3 au niveau de la technologie et 1 au niveau du traitement des effluents de fromagerie. Egalement la mise en place de systèmes de comptage (eau et électricité) permettra de constituer de nouvelles références peu connues en élevage caprin avec transformation à la ferme (programme EDEN piloté par l’Institut de l’Elevage).

1. Etude sur les effets des niveaux et de la qualité de l’apport de l’énergie apporté par les concentrés sur les réponses des chèvres laitières (Programme SYSCARE-année 3)

2 essais ont été mis en place lors de la dernière campagne laitière (2012) de la mise-bas au tarissement, le premier sur des animaux conduits en chèvrerie, le deuxième avec des animaux utilisant le pâturage pendant les périodes où la disponibilité en fourrage était suffisante.

En chèvrerie, la comparaison de 2 niveaux d’apport énergétique (1.3 kg concentré vs 0.8) lors d’une lactation entière a montré que la production laitière n’était pas affectée jusqu’au pic de lactation, puis a entrainé une augmentation en moyenne de 0,25 kg Lait/chèvre/jour pour un apport supplémentaire de 0,5 kg de concentré. Egalement, une augmentation sensible des réserves corporelles lors de la fin du cycle de production a pu être mise en évidence pour le lot qui recevait plus de concentrés. Cette évolution des réserves corporelles a été sensible au niveau de la note sternale contrairement à la note Lombaire. Cela conforte l’intérêt d’utiliser les 2 sites de notation pour apprécier l’évolution des réserves corporelles des chèvres en lactation. L’écart de production laitière a eu tendance à être fortement réduit dans la mesure où l’on acceptait un taux de refus plus important pour le lot avec 0,8 kg de concentré. Dans ces conditions, l’application des coefficients établis par l’INRA (2007) sont tout à fait vérifiés. Egalement, des mesures de temps de rumination ont pu être effectuées et sont sensiblement plus faibles quand les quantités de concentrés sont élevées. Ceci laisse à penser une plus grande sensibilité aux maladies métaboliques lors de distributions trop libérales d’aliments concentrés.

Pour le lot conduit au pâturage, avec la même quantité de concentré (0,8 kg/chèvre/jour), la nature de l’énergie apportée par le concentré (amidon ou fibre et matières grasses), a eu essentiellement un effet sur le taux butyreux. Par contre la production laitière et les cinétiques d’évolution des réserves n’ont pas été affectées. Cet essai complémentaire a vérifié une fois de plus, qu’il est possible d’obtenir des niveaux de production élevés en utilisant des pâturages de qualité sans avoir recours à des quantités de concentrés élevées.

La valorisation de ce programme est en cours et de nombreuses journées ont déjà eu lieu auprès des producteurs de la région lors des journées annuelles du PEP caprins et également auprès des acteurs de l’enseignement Agricole au début de l’année 2013.

2. Evaluation de la contamination du réseau d’adduction d’eau de la ferme caprine en Pseudomonas Fluorescens et mise en place de dispositifs de traitement.

L’impact d’une eau contaminée en pseudomonas peut entrainer des défauts sur les fromages (amertume, taches de jaune fluo). Le niveau de contamination de l’eau de réseau alimentant la ferme est très variable (35% des échantillons sont inférieurs à 10 et 35% sont supérieurs à 3000 Pseudomonas pour 100ml) et peut sans doute être affectée par la pluviométrie. Plusieurs prélèvements sont donc nécessaires pour établir un diagnostic de la contamination de l’eau, par exemple en cas de défauts d’amertume ou de tâches jaune fluorescent sur les fromages.

Deux dispositifs de traitement de l’eau ont été testés : lampe à ultra-violet (UV) et pompe à péroxyde d’hydrogène. Le dispositif à UV a été tout d’abord testé sans désinfection préalable des canalisations d’eau : ce traitement étant non rémanent, l’eau de l’exploitation est restée contaminée dans les canalisations malgré le traitement. Les dispositifs UV ou pompe à péroxyde avec des canalisations désinfectées (au péroxyde à 2%) et le respect des règles d’installation et d’utilisation ont été efficaces dans le cadre de la période testée, à savoir en été dans des conditions sèches. Des analyses complémentaires sont effectuées dans des conditions climatiques humides pour compléter ces enseignements. En parallèle de chaque analyse d’eau, la contamination du lait a été très variable, assez faible pour le lait de tank (inférieur à 100 voire souvent inférieur à 10 Pseudomonas/ml) et plus chargé pour le lait de purge de la machine à traire qui transite sur le filtre de la machine à traite dans les 2 sens.

Le PEP caprins et la ferme expérimentale Caprine sont aussi associés à une étude menée au niveau national pour conduire des enquêtes en ferme qui se poursuivront en 2013, à la fois pour travailler sur les solutions de traitement de l’eau et surtout sur la détermination de valeurs repère de contamination en Pseudomonas et de déséquilibres microbiens aux différents points de maîtrise de la contamination (notamment le lait) susceptibles de déclencher des accidents sur les fromages.

3. Etude de l’incidence de l’utilisation de multi-moules sur la qualité des fromages par rapport aux faisselles individuelles en Picodon AOP

6 types de moules différents utilisés dans la zone AOP (Drôme et Ardèche) ont été comparés à partir de laits issus du troupeau de la ferme expérimentale. Le premier était de type « moule individuel » classiquement utilisé par les producteurs et les 5 autres de type « multimoule » utilisé par certains producteurs et artisans. Les caractéristiques de ces moules différaient principalement par leur surface d’égouttage et le nombre de trous permettant l’exsudation du sérum à l’issue du moulage. Globalement, la cinétique d’égouttage est très différente en fonction du type de moule : en 2H seulement, 73 à 75% du sérum est évacué avec les multimoules contre plusieurs heures avec les moules individuels. Cette évacuation de sérum plus rapide est essentiellement due à la perforation des moules. Les trous sont certes plus petits avec des multimoules que dans les moules individuels, mais coniques, empêchant très fortement l’obstruction par le caillé et confèrent une meilleure efficacité. L’égouttage plus rapide a permis d’obtenir un rendement en kilo de fromage démoulé plus faible mais des fromages avec un extrait sec plus élevé. Les fromages sont plus secs à 24H ce qui a nécessité une adaptation des phases suivantes du process (conduite du ressuyage, du séchage).Globalement, lors des dégustations réalisées par le jury de la commission de contrôle le type de moule ne semble pas avoir affecté la qualité sensorielle des fromages à 14 jours d’affinage (pas de différences sur la texture, le gout et arrière gout des fromages).

4. Suivi du fonctionnement des locaux d’affinage à la fromagerie pilote de la station caprine expérimentale du Pradel et test d’appareils de mesures mobiles

La caractérisation du fonctionnement des locaux d’affinage de la fromagerie du Pradel a été réalisée en 2011 (cartographie des paramètres d’ambiance (température, degré hygrométrique, vitesses d’air) et teneur en gaz du local d’affinage dans le but de préciser le profil respiratoire de fromages lactiques type Picodon, (consommation en Oxygène, rejet en gaz carbonique). .En 2012 l’objectif était de comparer du matériel fixe (mesures de références) avec du matériel mobile. Les premiers résultats montrent la fiabilité des appareils de mesures mis à disposition par l’INRA et permettront dans le cadre du programme LACTAFF, de réaliser des mesures dans des exploitations. Ces mesures permettront à terme d’évaluer la performance de différents matériels de séchage et d’affinage présents dans les ateliers fermiers.

5. Traitement du lactosérum par méthanisation.

Un micro-pilote (digesteur d’1 m3) a été mis en place en juillet 2011 avec pour objectif d’évaluer les contraintes et la faisabilité d’utiliser cette technique à la ferme : simplicité, rusticité, diminution de l’impact environnemental et production d’eau chaude nécessaire à la transformation. Les essais préliminaires réalisés au printemps 2012 ont permis de montrer l’intérêt de cette technologie dans le cadre d’ateliers fermiers de petite taille. Le traitement du lactosérum par méthanisation n’a pas entrainé de dysfonctionnements majeurs dus aux caractéristiques mêmes de l’effluent. Néanmoins, un apport très fractionnée sur 24h semble plus adapté au procédé utilisé.

Les premiers résultats expérimentaux font état d’un bon fonctionnement à un niveau de charge de 6 kg DCO/m3/jour, selon une modalité d’apport très fractionnée sur 24h, avec un rendement en méthane atteignant plus de 95% du potentiel théorique. Les performances épuratoires son telles de 80% de la DCO entrante sont abattues, réduisant alors largement l’impact du rejet en termes de pollution. Les résultats de l’augmentation de charge de 6 à 8 kg DCO/m3/jour dénotent d’un moins bon fonctionnement général mais soulèvent néanmoins la question du maintien des boues granulaires dans le digesteur pour assurer des performances optimales. Ainsi, des modifications concernant la conception du pilote sont à envisager afin de pouvoir effectivement valider la faisabilité de ce procédé. Enfin, l’étude du bilan énergétique de l’installation est actuellement en cours et permettra à terme de faire état de l’intérêt économique d’une installation de ce type. Les calculs théoriques de production d’eau chaude via la méthanisation du lactosérum doivent permettent de se rapprocher de l’autonomie.

Les tests seront poursuivis en 2013 : des aménagements sur le méthaniseur sont prévus pour favoriser le maintien des boues granulaires et ainsi permettre l’augmentation de la charge appliquée.

Environnement

Evaluation des impacts environnementaux de la production laitière en filière caprine

L’Institut de l’Elevage développe actuellement une méthodologie permettant d’évaluer les impacts environnementaux (émissions de GES, consommation d’énergies fossiles, acidification de l’air, eutrophisation des milieux aquatiques, occupation des surfaces et contribution au maintien de la biodiversité) des systèmes d’élevage d’herbivores et notamment de la filière laitière caprine.

Une première évaluation de l’empreinte environnementale du lait de chèvre a été réalisée sur les exploitations des Réseaux d’Elevage (50 exploitations) pour les années 2008, 2009 et 2010.

En 2010, les résultats environnementaux obtenus pour ces exploitations sont les suivants :

* Des émissions brutes de GES (sans prise en compte du stockage de carbone) d’environ 1,6 kg éq CO2/l de lait standard,

* Une compensation moyenne des émissions par le stockage de carbone de 40%,

* Une acidification de l’air de 0,027 kg éq SO2/l de lait en moyen,

* Un potentiel moyen d’eutrophisation de 0,011 kg éq PO4/l de lait,

* Une consommation d’énergies fossiles d’environ 8,3 MJ/l de lait,

* Une occupation moyenne des surfaces de 3,3 m²/l de lait et,

* Une contribution au maintien de la biodiversité d’environ 2,0 m² éq/l de lait.

L’analyse des résultats techniques et environnementaux a permis d’identifier des exploitations plutôt performantes d’un point de vue environnemental et à l’inverse des exploitations moins performantes. Ces différences s’expliquent notamment par les pratiques des éleveurs. Des voies de progrès apparaissent d’ores et déjà, notamment au travers de l’alimentation, des résultats zootechniques et sur la consommation d’intrants (engrais, concentrés…). Par ailleurs, de nombreux atouts à faire valoir autour de la prairie.

L’’impact de l’alimentation sur la variabilité des résultats observés étant importante, une typologie des systèmes basée sur le type d’alimentation a été réalisée (ensilage de maïs, foin, foin/paille + achats, pastoral, pâturage, affouragement en vert). En effet, le type d’alimentation présente dans les systèmes d’élevage témoigne des pratiques mises en place. Ainsi, dans le cadre du programme SYSCARE, les outils de pilotage de l’alimentation caprine ont été complétés par divers indicateurs, notamment environnementaux. Cet outil permet, en renseignant la conduite générale du troupeau (effectif, bâtiment, alimentation, reproduction…) d’évaluer l’impact environnemental du mode d’alimentation du troupeau au travers d’une ACV simplifiée (Analyse de Cycle de Vie).

Des travaux sont en cours pour aller plus loin sur l’évaluation de l’empreinte environnementale du lait de chèvre :

* Finalisation et validation de l’outil de calcul des impacts
environnementaux liés à l’alimentation dans le cadre du projet SYSCARE,

* Identification des marges de progrès et élaboration d’un plan d’action pour la filière caprine,

* Sensibilisation des éleveurs et des techniciens à ces nouvelles problématiques environnementales,

* Intégrer l’évaluation environnementale multicritère dans le fonctionnement des exploitations et montrer les interactions avec l’économie

Produits laitiers Fermiers :

Animation technique

L’Institut de l’Elevage est chargé de l’animation du Groupe professionnel produits laitiers fermiers.

Les travaux réalisés en 2012 se résument au travers des points suivants :

* Une réflexion prospective a été conduite sur les actions techniques à conduire sur la qualité des produits laitiers fermiers. L’objectif était de recenser et de hiérarchiser les besoins des producteurs laitiers fermiers pour construire des projets nationaux en lien avec leurs attentes (divers contextes et produits), le champ donné étant la qualité des produits laitiers fermiers.

Cette réflexion a été menée dans le cadre d’un groupe de travail technique restreint avec des participants techniques qui se voulaient « représentatifs ». Les besoins en régions ont été recensés via un questionnaire d’enquête. Une synthèse a alors été effectuée et discutée en réunion dans l’idée de retenir les idées, les besoins d’intérêt national classés par thème. Une hiérarchisation a ensuite été effectuée par le groupe. Les conclusions de ce groupe de travail ont été soumises au groupe professionnel. Des besoins ont pu être recensés et validés par le groupe, se traduisant par des projets à construire. La thématique de recherche appliquée visant à préserver la spécificité des produits laitiers fermiers via la gestion des écosystèmes microbiens a été considérée prioritaire. Les précédentes études et les observations de terrain révèlent le rôle majeur joué par le matériel de traite dans l’apport de flores au niveau du lait cru utilisé en transformation fermière. La problématique réside en production fermière au lait cru de pouvoir préserver un bon « équilibre » de microflores, à savoir disposer de flores d’intérêt pour la transformation mais limiter la présence de flores d’altération et ne pas avoir de flores pathogènes. Un projet préalable va être engagé dès 2013 sur les outils de diagnostic au niveau de la machine à traire. Le thème « nouvelles techniques et impact sur la qualité technologique, organoleptique des produits laitiers fermiers » est également un thème jugé très important, concernant également les 3 espèces et les divers produits laitiers fermiers. Par ailleurs, le besoin de disposer d’un portail sur internet a émergé, pour être guidé sur les différents outils et publications existants sur la transformation laitière fermière au sens large.

* Une nouvelle étude coordonnée et pilotée par la FNEC, en lien avec le Comité National Fermier sera menée en 2013 sur la filière « Produits laitiers fermiers ». Le travail sera confié techniquement à la MRE Paca et à l’Institut de l’Elevage. Cette étude discutée en groupe PLF ayant donné lieu à des ajustements comprend un état des lieux quantitatif des exploitations laitières fermières pour chaque espèce (caprine, bovine, ovine), à partir notamment des données du Recensement Agricole de 2010 ; une description qualitative de la filière fromagère fermière et de son organisation collective, une analyse de ses besoins et attentes ainsi que de la capacité existante à y répondre ; un focus sur les prix de vente des produits.

* Sur les aspects sanitaires, la filière, représentée par le Comité National Fermier (composé de la FNEC, la FNPL et de la FNO), souhaite progresser encore en mettant en œuvre un dispositif de Recueil d’Expertise Sanitaire consistant à valoriser les données des interventions réalisées par les techniciens de terrain auprès de producteurs ayant eu des problèmes sanitaires. La définition du travail préalable mené avec quelques structures volontaires et le dispositif à construire piloté sur le plan technique par l’Institut de l’Elevage ont été discutés dans le cadre du groupe.

* Sur le thème de la qualité technologique, le projet de recherche/développement largement discuté dans le cadre de ce groupe, sur le thème de la conception et l’aménagement des locaux d’affinage en rapport avec les objectifs « flores de surface » du fromager, piloté par l’Institut de l’Elevage a été déposé de nouveau à l’AAP CASDAR et a été accepté.

* Suite à un travail préalable en 2012 sur la maîtrise de l’accident lié à Pseudomonas fluorescens ayant permis notamment de recueillir les attentes des techniciens et de conduire des travaux sur le traitement de l’eau, les objectifs et attendus d’un projet sur 2 ans piloté par l’Institut de l’Elevage ont été discutés et validés dans le cadre du groupe.

* Sur la gestion des écosystèmes microbiens, après le projet CASDAR sur la maîtrise de l’acidification et la pérennité de l’utilisation du lactosérum en technologie lactique fermière, un nouveau projet piloté par Actilait a été déposé fin 2012 au financement FAM sur la mise au point de ferments indigènes en pâtes pressées non cuites.

* Sur la gestion des effluents et l’accompagnement des producteurs, il a été acté de s’appuyer sur l’existant, en particulier au niveau documentaire et de le rendre accessible sur le site internet du PEP Caprins Rhône Alpes et le site idele.

L’Institut de l’Elevage est aussi en charge de l’animation du réseau des techniciens produits laitiers fermiers. L’activité de ce réseau s’est traduite par le stage de perfectionnement annuel du réseau organisé en octobre en Ariège, réunissant une cinquantaine de personnes. Le module optionnel traitait cette année de la fabrication et la qualité des pâtes pressées non cuites. Un numéro du Cahier Fermier disponible sur le site Internet de l’Institut de l’Elevage est paru en 2012. L’espace thématique « produits laitiers fermiers » accessible sur le site Internet de l’Institut de l’Elevage est remis à jour régulièrement. Une enquête exhaustive a été par ailleurs été menée au sein du réseau pour le mettre à jour et mieux connaître les compétences et activités de chacun, notamment sur le plan sanitaire (cf. ci-après). La base de données devra être révisée en 2013 pour intégrer ces nouvelles données.

Maîtrise sanitaire

Sur la thématique « maîtrise sanitaire en production fermière », l’Institut de l’Elevage accompagne la FNEC et la FNPL pour la diffusion du Guide des Bonnes pratiques d’hygiène des productions fermières laitières. A ce titre il organise la formation annuelle des techniciens qui permet de les agréer pour former les producteurs fermiers (formation n’ayant pas eu lieu en 2012 faute de participants en nombre suffisant). Par ailleurs, l’Institut de l’Elevage en appui à la FNEC – FNPL a participé à une rencontre du groupe « Hygiène » du réseau des petites fromageries européennes dont le travail vise à terme à rédiger un projet de GBPH européen pour les artisans et fromageries fermières européennes.

La filière, représentée par le Comité National Fermier (composé de la FNEC, la FNPL et de la FNO), souhaite par ailleurs mettre en œuvre un dispositif de Recueil d’Expertise Sanitaire consistant valoriser les données d’interventions réalisées par les techniciens de terrain auprès de producteurs ayant eu des problèmes sanitaires. Ce dispositif, piloté professionnellement par la FNEC-FNPL pour le Comité National Fermier, est mis en œuvre par l’Institut de l’Elevage. Dans un premier temps, les techniciens effectuant au moins 8 à 10 interventions sanitaires par an (recensés via l’enquête citée ci-dessus) et dont les structures sont volontaires pourront remonter un bilan de chacune de leurs interventions par le biais d’un questionnaire à remplir sur un site internet. Ces techniciens ont été contactés individuellement par l’Institut de l’Elevage. Une première valorisation des données des interventions sanitaires devra être disponible mi 2013.

L’Institut de l’Elevage participe aussi au projet FERLIS visant à réaliser les études nécessaires pour vérifier si certains produits peuvent bénéficier de la tolérance 100 ufc de L. monocytogenes. /g de produits. Dans ce travail sont étudiés notamment les fromages fermiers lactiques au lait de chèvre. La première phase (recueil de données existantes sur les schémas technologiques et caractéristiques des produits, surveillance de L. monocytogenes dans la filière et données sur son développement dans les produits) est terminée. Des propositions de protocole pour déterminer le respect ou non de la limite <100 UFC/g de L. monocytogenes ont été formulées et discutées, dont les travaux doivent être réalisés en 2013. Qualité technologique des produits laitiers fermiers

Le projet ORQUAL s’est traduit par un nouvel outil « Outil d’amélioration technologique et sensorielle des produits laitiers fermiers ». Cet outil fournit aux techniciens accompagnant les producteurs laitiers fermiers les éléments nécessaires pour améliorer, sur une exploitation, la qualité et la régularité technologique, sensorielle des principaux produits laitiers fermiers (fromages de type lactique et pâte pressée non cuite, fromages frais, yaourts, beurre). Ainsi, l’outil comprend une méthode globale d’audit à réaliser en exploitation, complétée par des fiches techniques de maîtrise par produit et par critère de qualité (texture, aspect visuel, …), des documents techniques de base ou d’approfondissement et d’une fiche « Bilan et conseils » à remettre aux producteurs à l’issue de l’intervention. Les différents supports et notamment les fiches techniques peuvent être directement utilisés par les éleveurs. Ce travail est le fruit de l’expérience du réseau des techniciens « Produits Laitiers Fermiers » ainsi que des références acquises dans le cadre de projets menés notamment par la filière. L’outil est disponible d’une part sur un site internet avec un accès réservé aux techniciens du réseau « Produits laitiers fermiers » et d’autre part sur une clé USB diffusée lors de formations et vendue auprès de Technipel.

La filière fermière a démarré fin 2012 un projet « CASDAR LACTAFF »( Qualité des fromages fermiers lactiques : locaux et maîtrise de l’affinage) de 3 ans dont la finalité est d’améliorer la maîtrise de l’affinage des fromages fermiers de type lactique et de permettre ainsi aux producteurs de mettre sur le marché des produits de qualité régulière et spécifique, répondant aux demandes des consommateurs. Atteindre cet objectif demande une meilleure connaissance des itinéraires technologiques existants en matière d’affinage, des pratiques des producteurs, des locaux d’affinage, de leurs équipements et de leur fonctionnement, des conséquences sur la qualité des produits et un transfert des savoirs vers les producteurs, les techniciens fromagers et les frigoristes.

OBJECTIFS

L’objectif global de ce projet est de fournir des recommandations techniques et des valeurs de référence pour la conception, l’équipement des locaux et le pilotage de l’affinage. Pour atteindre cet objectif, il s’agira donc de :

* Mieux connaître les conditions d’affinage à la ferme et l’influence de ces conditions sur la qualité des produits (enquêtes en exploitations et expérimentations en ferme et au laboratoire),

* Capitaliser et mettre à disposition des techniciens, des producteurs et d’autres intervenants (frigoristes, technicien bâtiment…) l’expérience de spécialistes, à la fois sur les pratiques, la maîtrise de l’ambiance et sur les aspects ayant trait aux locaux : équipements frigorifiques, bâtiment…

DEROULEMENT DU PROJET

Les travaux se décomposent en 3 actions complémentaires (figure 1):

* Action 1 : Caractérisation des conduites d’affinage à la ferme (locaux, équipements, pratiques) et étude des liens avec les paramètres d’ambiance des locaux et la qualité des fromages.

**Enquêtes dans 60 à 80 fermes dans 6 régions afin d’acquérir des références sur :

*** la diversité des types de locaux pour l’affinage,

*** le fonctionnement des différents matériels,

*** les pratiques des producteurs

et de mettre en évidence les liens existants avec les paramètres clés de l’ambiance (température, humidité, vitesse de l’air, gaz, écologie microbienne) et la qualité des fromages.

*** Suivi approfondi et détaillé de 5 à 6 fermes afin de permettre la réalisation de mesures d’ambiance plus poussées dans les locaux, toujours en lien avec la qualité des produits.

Au-delà de l’apport de connaissances importantes pour l’amélioration de la maîtrise de l’affinage, ces enquêtes permettront de fixer les modalités à tester lors de l’action 2.

* Action 2 : quantification en conditions contrôlées de l’effet des paramètres d’ambiance (température, hygrométrie, teneurs en gaz, vitesses d’air) sur la qualité des produits choisis comme référence (fromage de type Picodon AOP).

** Travaux en milieu contrôlé au laboratoire : ces expérimentations seront conduites dans des cellules de séchage et d’affinage de laboratoire (de petite taille) à l’INRA GMPA Versailles-Grignon et à l’INRA QuaPA Clermont-Ferrand-Theix sur un type de fromage choisi comme modèle.

** Travaux en milieu contrôlé en caves expérimentales : afin de valider les observations issues des expérimentations de la partie 2-1 et de s’assurer que ce qui a été observé à petite échelle au laboratoire est reproductible à la ferme, des expérimentations seront réalisées dans les locaux expérimentaux pilotes de l’ENILBIO de Poligny et de la station caprine expérimentale du Pradel EPLEFPA. Les combinaisons de paramètres à maîtriser et leur niveau seront définis sur la base des essais de laboratoire.

Les données des actions 1 et 2 permettront de préciser l’effet des paramètres d’ambiance sur le déroulement de l’affinage des fromages et d’émettre ensuite des recommandations sur les locaux et les pratiques afin d’adapter au mieux les conditions d’affinage aux objectifs du producteur pour son produit. Ceci permettra d’étayer le recueil des connaissances des spécialistes réalisé dans l’action 3.

* Action 3 : capitalisation des connaissances et valorisation des résultats du projet pour la maîtrise de la qualité des fromages à pâte lactique au lait cru et l’optimisation des locaux d’affinage au cours de l’affinage.

La station du Pradel a mené en 2011 des travaux sur la caractérisation et le fonctionnement des locaux d’affinage en préalable du projet soumis à l’AAP CASDAR. Ce projet était conduit en partenariat avec le département Caractérisation et Elaboration des Produits Issus de l’Agriculture (CEPIA) de l’INRA. Des armoires de mesures et de prélèvements d’air, ont été installés dans les deux hâloirs de la station expérimentale pour suivre en continu les températures, hygrométries et teneurs en gaz (O2 et CO2 pour apprécier l’activité de « respiration » des fromages et évaluer le fonctionnement des hâloirs). En parallèle, des enquêtes ont été réalisées dans une vingtaine d’exploitations par le PEP caprins Rhône-Alpes afin de caractériser les locaux, les équipements et les conditions d’affinage de fromages de chèvre de type Picodon. En 2012, les travaux ont été complétés par le test, à la station et en fermes, d’un prototype portatif d’appareil de mesures en continu de l’ambiance des hâloirs, élaboré par l’INRA. Les premiers résultats montrent la fiabilité des appareils de mesures mis à disposition par l’INRA et permettront dans le cadre du programme LACTAFF, de réaliser des mesures dans des exploitations. Ces mesures permettront à terme d’évaluer la performance de différents matériels de séchage et d’affinage présents dans les ateliers fermiers.

Les Pseudomonas, en particulier Pseudomonas fluorescens sont responsables de graves défauts organoleptiques et visuels sur les fromages. Un premier guide d’intervention face à ce germe, destiné aux techniciens accompagnant les producteurs fromagers fermiers a été réalisé en 2004 sur la technologie lactique fermière. Une enquête réalisée en juin 2011 auprès du réseau des techniciens « Produits Laitiers Fermiers » a montré que les cas rencontrés semblent en recrudescence, qu’il est parfois difficile de les résoudre et que les technologies les plus sensibles sont les pâtes molles de type présure mais aussi de type lactique. Face à ce problème, des travaux ont été menés dans différentes régions. L’objectif de l’étude préalable nationale menée en 2012 sur Pseudomonas était alors d’analyser les apports des travaux déjà menés et de suivre ceux en cours (notamment le suivi de l’efficacité de deux systèmes de traitement d’eau à la ferme expérimentale du Pradel : système UV et péroxyde d’hydrogène), d’enquêter les techniciens sur leurs méthodes d’intervention et de résolution, de capitaliser ces données, d’identifier les manques éventuels pour intervenir efficacement et rapidement face à ce germe en fromagerie fermière, en particulier en technologie lactique.

Cette problématique ne touche cependant pas uniquement la transformation fermière et les actions envisagées en 2013-2014 impliqueront également la problématique collecte de lait cru pour la transformation lactique caprine :

* Valoriser les données d’analyses sur le lait de producteurs destiné à la transformation en technologie lactique au lait cru de chèvre : état des lieux qualité lait, éventuel effet saison et liens avec les données disponibles (en particulier structurelles)

* Obtenir des valeurs repère équivalentes à des niveaux d’alerte aux différents points de maîtrise de la contamination du lait à la ferme et des fromages fermiers à coagulation lactique par Pseudomonas spp : suivi d’exploitations confrontées ou non à l’accident,

* Tester l’efficacité des traitements par l’UV d’une part et par le péroxyde d’hydrogène d’autre part sur la décontamination de l’eau en Pseudomonas et l’impact sur la contamination du lait et des fromages : consolider les résultats du Pradel 2012 et confirmer l’intérêt du traitement H202.

* Investiguer des points peu connus sur la gestion de l’accident lié à Pseudomonas spp : évaluation de la contamination de l’ambiance de traite dans des fermes confrontées à l’accident ou non ; évaluation de la contamination de la peau des trayons ; évaluation de l’aptitude acidifiante et au repiquage des laits présentant ou non une contamination en Pseudomonas spp

* Transférer les références acquises et l’expérience des techniciens sous la forme de fiches opérationnelles pour les techniciens et les producteurs de lait et fermiers

L’Institut de l’Elevage participe par ailleurs au projet Egotic, qui a démarré fin 2010 et qui devrait se terminer en 2013. Ce projet, piloté par Actilait vise dans la suite du travail mené sur la texture des fromages lactiques à conduire des expérimentations puis des suivis en conditions réelles (en Rhône-Alpes notamment à la station du Pradel) pour quantifier et hiérarchiser les facteurs de maîtrise de l’égouttage. Un outil d’appui technique devra être conçu.

Etude des écosystèmes microbiens

Concernant l’étude des écosystèmes microbiens, le projet CASDAR 2008-2010 « Contribuer à la performance technico-économique des exploitations fromagères fermières en améliorant la maîtrise technologique et la qualité des fromages » est terminé et a fait encore l’objet de publications en 2012 : article aux 3R sur les réservoirs d’ensemencement et article de synthèse demandé par le CASDAR pour la Revue Innovation Agronomique de l’INRA.

Le groupe professionnel fermier, chargé de coordonner les actions de recherche et développement en production laitière fermière a mené en 2012 une réflexion prospective sur les actions à mener sur la qualité des produits laitiers fermiers. La thématique de recherche appliquée visant à préserver la spécificité des produits laitiers fermiers via la gestion des écosystèmes microbiens a été considérée prioritaire. Les précédentes études et les observations de terrain révèlent le rôle majeur joué par le matériel de traite dans l’apport de flores au niveau du lait cru utilisé en transformation fermière.

Par rapport à l’ensemble des questions soulevées sur la MAT, le travail mené en 2013 « Matériel de traite et aptitude du lait à la transformation en technologie lactique : étude des outils de diagnostic » consistera à faire une bibliographie pour identifier ce qui est déjà connu, en cours d’étude, non investigué jusqu’à lors ou méritant des compléments d’étude. De même, il convient d’avoir des outils fiables permettant d’évaluer l’ensemencement du lait apporté par la machine à traire et/ou l’efficacité, les paramètres du nettoyage ; de disposer de méthodes d’intervention pour intervenir sur des problèmes de qualité du lait liés à la MAT (flores d’altération et/ou déséquilibres de flores).

L’Institut de l’Elevage contribue par ailleurs activement à l’activité du RMT « Fromages de terroir » sur les écosystèmes microbiens : cf. ci-après.

Références technico-économiques en exploitations fermières caprines :

Pour la quatrième année consécutive, l’Institut de l’Élevage a publié la synthèse nationale des résultats des fermes de références (154 exploitations : socle national et compléments régionaux) et celle des suivis d’ateliers en appui technique (348 ateliers suivis). Après la dégringolade de 2008, le revenu des éleveurs laitiers avait repris des couleurs en 2009 et continue doucement sa progression en 2010. Le revenu des fromagers progresse plus nettement. Cette synthèse présente une prévision des revenus 2011. Des fiches élaborées au niveau régional présentent de façon plus précise des références technico-économiques et des cas concrets sur des systèmes fromagers de diverses régions. Ces fiches sont révisées périodiquement.

Actions transversales aux différentes thématiques :

RMT « Filières Fromagères valorisant leur terroir » :

Le Réseau « Fromages de Terroirs » est un Réseau Mixte Technologique labellisé en tant que tel par le Ministère de l’Agriculture en août 2008. Porté par le CNAOL, ce Réseau s’adresse à toutes les filières laitières organisées, valorisant leur terroir (démarches AOC, IGP, produits fermiers) et a pour objectifs de créer de la synergie entre les différents organismes techniques s’intéressant à ces filières. Le programme de travail s’articule autour de 5 axes : La gestion des caractéristiques intrinsèques des produits (conditions de production et caractéristiques des produits, la gestion des écosystèmes microbiens, l’évaluation de la richesse et de la diversité sensorielle), la durabilité des systèmes de production et des filières les marchés et consommateurs, la formation, la diffusion et la communication.

Ces thèmes sont traités dans des groupes de travail spécifiques. L’Institut de l’Elevage est particulièrement impliqué au niveau des thématiques suivantes :

Co-animation avec LRE du groupe sur la gestion des écosystèmes (groupe existant de façon informelle antérieurement au RMT sous l’appellation groupe «flores des laits»). Des fiches de synthèse et de procédures sont rédigées dans ce groupe. L’organisation du groupe a été précisée et formalisée en 2012, avec une intégration formelle des préoccupations sanitaires. L’année a été marquée par des actions de communication. Les journées d’échange techniciens-chercheurs organisées tous les deux ans ont eu lieu à Salins en Franche Comté et ont permis de présenter les travaux réalisés depuis la dernière édition et de débattre notamment sur l’application et les suites attendues du programme Floracq (cf ci-après). Le groupe a participé cette année activement à la session des 3R consacrée aux écosystèmes microbiens. L’Institut de l’Elevage a co-présenté une synthèse sur le sujet et un poster concernait l’ouvrage « Microflore du lait cru. Vers une meilleure connaissance des écosystèmes microbiens du lait et de leurs facteurs de variation » dont la coordination de la rédaction a été assurée par l’Institut de l’Elevage. Un projet d’article sur la gestion des écosystèmes microbiens sera également soumis à la revue des GTV début 2013.

L’Institut de l’Elevage est impliqué dans un projet Casdar qui a débuté début 2010 sur l’accompagnement des producteurs pour gérer la flore microbienne des laits crus (projet Floracq).

* Participation au groupe de travail sur les conditions de production et caractéristiques des produits,

* Participation au groupe de travail avec le GIS Id64 et le GIS Alpes-Jura sur la durabilité.

Communication :

Journées techniques caprines

Les 3èmes Journées Techniques Caprines ont eu lieu les 5 et 6 avril 2011 à Bourdeaux dans la Drôme. A cette occasion, les participants ont pu assister à des interventions sur la génétique, la conjoncture de la filière, la filière espagnole, les sujets sanitaires, les coûts de production et l’environnement. Les Journées techniques caprines s’adressent à l’ensemble des intervenants de la filière caprine (techniciens, enseignants…). Elles ont pour objectif de faire le point sur des sujets techniques d’actualité. Le programme mêle des exposés de spécialistes, des visites d’exploitations, des échanges entre techniciens. Cette 3ème édition a permis notamment de faire le point sur les perspectives offertes par la génomique, de mieux connaître la filière laitière caprine espagnole, de découvrir de nouveaux dispositifs sanitaires, d’approcher le prix de revient d’un litre de lait et de se sensibiliser à l’impact environnemental des systèmes caprins. Par ailleurs, des ateliers d’échanges entre participants ont porté sur différentes problématiques liées à l’alimentation et sur la reproduction.

Revue La Chèvre

L’Institut de l’élevage est en charge de la rédaction de la revue La Chèvre. Au même titre que Pâtre, ce bimestriel est édité par la Société de Presse et d’Édition Ovine et Caprine (SPEOC) dans le cadre d’un partenariat avec le groupe de presse agricole Réussir.

En 2012, les six numéros ont regroupé une centaine d’articles sur plus de 300 pages. Les dossiers de ces six numéros ont traité de sujets d’actualités qui préoccupent les éleveurs :

* La vente de fromages en Bourgogne (janvier-février)

* La valorisation de l’identification électronique (mars-avril)

* L’éleveur premier infirmier de son troupeau (mai-juin)

* L’association des espèces prairiales pour sécuriser les fourrages (juillet-août)

* L’observation du troupeau pour mieux alimenter (septembre – octobre)

* Capr’inov, le rendez-vous des éleveurs (novembre-décembre).

Diffusé en papier à plus de 4 500 exemplaires, La Chèvre est aussi présente sur internet avec le site www.la-chevre.fr qui se veut une vitrine de la revue et qui reprend une partie des informations du journal. Depuis 2010, une newsletter gratuite est envoyée tous les mois environ à plus de 2 700 internautes. Cette lettre d’information électronique met en avant les dernières nouveautés du site (article, agenda, petites annonces…). La revue La Chèvre compte aussi 1 100 « amis » sur le réseau social Facebook et 140 « followers » sur Twitter.

La bonne gestion des revues Pâtre et La chèvre ces dernières années a permis à la Speoc de verser en 2012 des dividendes exceptionnelles à l’Institut de l’élevage (actionnaire majoritaire), à la Fnec et à la FNO. En 2013, la maquette devrait évoluer légèrement et l’architecture du site internet devrait être remaniée.

Ouvrage technique sur l’élevage des chèvres

En 2011, l’ensemble des équipes de l’Institut de l’Elevage s’est mobilisé pour rédiger un ouvrage technique de référence qui sera publié à La France Agricole, sur l’élevage des chèvres. Cet ouvrage généraliste rassemble les connaissances de base actualisées sur tous les domaines techniques qu’un éleveur ou un technicien doit connaître. Il a notamment vocation à être un outil de formation de base indispensable pour tous les futurs éleveurs intéressés par la production caprine. Sa parution est prévue dans le courant du premier semestre 2012.

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