La fièvre Q
La fièvre Q
ENJEUX
La fièvre Q est une maladie connue depuis de longues années en élevage. Cette infection, occasionnée par une bactérie, Coxiella burnetii, passe inaperçue (infection asymptomatique) dans la majeure partie des cas, ceci aussi bien chez l’animal que chez l’homme.
Chez les animaux, la fièvre Q ne provoque en général pas de signes cliniques ; elle peut être de ce fait difficile à déceler. Sous sa forme aigue, elle occasionne principalement des troubles de la reproduction : avortements en fin de gestation, mises bas prématurées, mortalité néonatale et/ou naissance de chevreaux chétifs. Dans de telles situations, il est important d’y penser pour mieux la diagnostiquer.
ACTIONS DE LA FNEC EN 2010
Messages à transmettre aux éleveurs
En plus de la plaquette présentant les résultats de l’étude sur l’efficacité du vaccin (financée par l’ANICAP) à destination des techniciens, la FNEC a participé à la définition des messages à transmettre aux éleveurs
pour une maîtrise de la fièvre Q dans leurs élevages. La vaccination du pré-troupeau apparaît comme une mesure essentielle pour réduire l’excrétion en élevage caprin et participer au contrôle de la circulation de la bactérie et à la maîtrise des risques correspondants. Dans une optique préventive, il semble nécessaire d’identifier les situations à risque (agrandissement, constitution de troupeau) et d’évaluer des stratégies d’intervention adaptées en fonction du statut sanitaire de l’exploitation.
Ces propositions ont été formalisées dans une plaquette afin de fournir une information claire et lisible aux éleveurs. Aussi, un article a été rédigé pour la revue La Chèvre courant 2010.
Avis de l’AFSSA sur la fièvre Q et gestion du lait et des produits laitiers
La fièvre Q a aussi mobilisé la FNEC en ce qui concerne le suivi des mesures liées à la fièvre Q dans les pays voisins. Fin décembre 2009, le gouvernement hollandais avait ordonné l’abattage de plus de 40 000
caprins dans des élevages atteints de fièvre Q. L’évolution de la maladie aux Pays Bas et les décisions prises par les pouvoirs publics pouvaient avoir des conséquences en France, ainsi un groupe technique à la
DGAL s’est très rapidement formé avec des experts et des professionnels.
Par ailleurs, l’AFSSA avait été saisie pour rendre un avis sur le risque de contamination par le lait, malgré l’avis des professionnels au vu des avis précédents de l’AFSSA sur ce sujet. L’avis daté du 13 juillet 2010
précise que le risque de maladie lié à l’ingestion de lait cru et de produits dérivés issus de ruminants infectés par C. burnetii peut être considéré comme « nul à quasi nul » pour la population générale et
« minime pour la population présentant des facteurs aggravants (femmes enceintes, personnes immunodéprimées…) ». L’Anses n’estime pas nécessaire d’appliquer des mesures systématiques de
pasteurisation du lait cru issu de troupeaux atteints de fièvre Q, et rappelle l’importance des recommandations générales pour réduire l’ensemble des risques microbiologiques présentés par le lait cru.
Une note de service (publiée en septembre 2010) rappelle les outils de diagnostic existant pour le dépistage de la fièvre Q et les modalités d’interprétation en cas de résultat positif. Elle présente également les mesures de maîtrise en cas de découverte d’un élevage cliniquement atteint de fièvre Q, y compris en ce qui concerne le lait cru. Il est rappelé que :
* la fièvre Q ne fait pas partie des maladies à déclaration obligatoire chez l’homme ou l’animal
* en absence de connaissances suffisantes sur la maladie, une démarche volontaire et incitative a été privilégiée (surveillance et mise en place de plans de maîtrise, notamment le plan de maîtrise ACERSA).
PERSPECTIVES
Le dossier fièvre Q reste à suivre, même si les avis de l’EFSA et ANSES ont été positifs. Par ailleurs l’arrêté du 6 août 1985 (arrêté « lait cru » encore en vigueur) va être abrogé et remplacé par un arrêté où les
restrictions relatives à la fièvre Q ne sont pas reprises.
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