L’avenir de l’élevage de ruminants s’écrit dès maintenant, dans les travaux pour l’avenir de la PAC
Après les propositions de la Commission européenne, le Parlement poursuit les discussions pour l’élaboration de sa position sur la prochaine Politique Agricole Commune (PAC). Le rapport de la Commission agriculture est annoncé pour la fin du mois.
Dans cette perspective, les Fédérations Nationales Bovine (FNB), des Producteurs de Lait (FNPL), Ovine (FNO) et des éleveurs de chèvres (FNEC) souhaitent partager leur vision pour une PAC qui apporte des perspectives aux éleveuses et éleveurs de ruminants.
Un budget fort et autonome, pour une PAC commune
La proposition budgétaire n’est pas à la hauteur des enjeux européens de souveraineté alimentaire.
Le budget de la PAC doit être réévalué afin d’aboutir à un budget consacré à la PAC consolidé par rapport à la période actuelle, afin d’intégrer les effets de l’inflation. Il doit par ailleurs être totalement autonome, et non intégré aux plans de partenariats nationaux et régionaux.
De plus, la PAC doit conserver une dimension et un cadre européen, résolument commun à tous les Etats membres.
Un couplage renforcé pour l’élevage de ruminants
L’élevage de ruminants français s’appuie sur un modèle d’élevage durable, à taille humaine et porteur de nombreux services pour la société. Pourtant, il est, depuis plus d’une décennie en décapitalisation continue. En France, ce sont plus de 1 million de vaches, 1 million de brebis et 150 000 chèvres qui ont disparu depuis 2010 ! Afin de stopper cette baisse continue de la production, il est primordial de conserver un couplage vers l’élevage de ruminants, et de le renforcer.
En ce sens, la proposition de la Commission européenne, qui soutient cet outil, est tout à fait cohérente avec les besoins des l’élevage de ruminants pour participer à la conservation de notre potentiel de production.
Une valorisation de la présence des chefs d’exploitations
La PAC se doit de valoriser la présence des femmes et des hommes, chef(fe)s d’entreprises, qui conduisent leurs exploitations, produisent, tout en permettant de faire vivre les territoires et d’entretenir les paysages, partout en France ! Les surfaces agricoles doivent être exploitées dans un objectif de production. En ce sens, FNB, FNPL, FNO et FNEC saluent la proposition de la Commission européenne de mise en place, à l’échelle européenne, d’un mécanisme obligatoire de plafonnement et de dégressivité de l’aide surfacique de base. Celui-ci permettrait de mieux prendre en compte les économies d’échelle des très grandes exploitations, répandues ailleurs en Europe. Cet objectif, de favoriser l’actif exploitant, est celui du paiement redistributif, qui doit pouvoir être maintenu. A l’échelle européenne, la France se caractérise par des exploitations à taille humaine. Elle doit pouvoir s’appuyer sur ces mécanismes afin de limiter les distorsions de concurrence entre Etats membres.
Une rémunération des pratiques vertueuses déjà en place
Les élevages de ruminants valorisent largement des surfaces herbagères et fourragères, y compris les terres peu productives, notamment via le pastoralisme, sur l’ensemble du territoire. Notre modèle durable permet le maintien de prairies et de haies, il contribue à favoriser la qualité de l’eau, la présence d’une large biodiversité, le stockage de carbone. Il est aussi gage de vitalité des territoires et d’entretien des paysages.
Pourtant, les mesures de la PAC ne rémunèrent pas suffisamment la contribution de l’élevage ruminants aux territoires, alors que les pratiques et services qu’il assure disparaitraient avec son recul ou son abandon. Il est donc nécessaire de renforcer l’orientation des aides à vocation environnementales en faveur des fermes d’élevage, qui appuient l’autonomie alimentaire des cheptels de ruminants et sont favorables à l’environnement et à la biodiversité, en valorisant les productions herbagères, fourragères et pastorales.
Conclusion
L’élevage de ruminants, et les éleveurs, ont besoin de perspectives claires, et d’un cap affiché pour redonner un avenir à leur secteur. De nombreuses politiques européennes influenceront cet avenir, à commencer par les politiques commerciales, environnementales, …
Mais il est certain qu’il ne peut pas y avoir d’avenir pour l’élevage de ruminants sans une PAC résolument forte, volontariste, ambitieuse et européenne. Une PAC qui prenne en compte les spécificités de l’élevage de ruminants, préserve ses modes de production, et incite les éleveurs à investir et à poursuivre leur activité, essentielle pour la souveraineté alimentaire et la vitalité des territoires.
C’est à ces conditions que la future PAC pourra créer les conditions d’un véritable renouvellement des générations en soutenant l’installation et la transmission des exploitations, conditions indispensables à la pérennité de l’élevage de ruminants.
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