Le code mutuel de bonnes pratiques en élevage caprin (CMBPE)
La filière caprine bénéficie d’une excellente image auprès du grand public et des médias. Pour montrer que cette image est méritée, l’interprofession s’est dotée d’un outil permettant de faire la preuve du savoir-faire des éleveurs de chèvre et d’être en mesure d’afficher à terme des pratiques communes à tous et, ce faisant, de répondre aux attentes des consommateurs comme de la distribution. C’est le code mutuel de bonnes pratiques en élevage caprin, qui repose sur un accord signé le 21 mai 2003 par les 3 familles constitutives de l’ANICAP.
Un socle de base pour les démarches de la filière caprine
Le CMBPE définit les conditions de production devant être respectées en exploitation caprine : il constitue de ce fait un socle technique de base commun à l’ensemble des éleveurs de chèvre.
Les autres démarches existantes telles que les démarches régionales, les chartes d’entreprises, ou encore les cahiers des charges d’AOC, ont des vocations différentes puisqu’elles visent une valorisation différentielle des produits qui en sont issus, ce qui n’est pas le cas du code mutuel. Elles sont donc complémentaires au code.
Une procédure d’équivalence entre démarches spécifiques et CMBPE a été prévue et une équivalence a d’ores et déjà été accordée à la charte « Cap sur l’Avenir » de Lactalis, ainsi qu’à la charte des bonnes pratiques d’ élevage mise en place pour les caprins par le GIE Lait-viande de la région Bretagne.
De multiples raisons d’adhérer
L’ensemble du dispositif est le fruit d’une large consultation de l’ensemble des acteurs de la filière, en premier lieu éleveurs et techniciens. Il a été conçu en tenant compte des différents systèmes d’élevages existants et de leurs contraintes respectives.
Véritable outil technique, le référentiel, validé par un comité de pilotage interprofessionnel, permet à l’éleveur de faire le point sur les principales exigences réglementaires, mais également sur le fonctionnement de son exploitation, sur ses pratiques au quotidien, et d’améliorer éventuellement celles-ci, lorsque cela s’avère nécessaire, en définissant un plan de progrès avec l’aide d’un technicien. Le code constitue aussi un outil de gestion de toutes les informations relatives à l’exploitation, et donc de traçabilité.
De plus, à travers ses pratiques, chaque éleveur est responsable de l’image de la filière : en adhérant au Code Mutuel, il s’inscrit dans une dynamique d’évolution et de progrès pour assurer l’avenir du métier et des exploitations caprines.
Enfin, la mise en place du « paquet hygiène » (voir chapitre précédent) renforce la responsabilité des éleveurs en matière d’hygiène. Même si le code mutuel n’a pas été conçu pour répondre à des obligations réglementaires, il met en avant un certain nombre de pratiques qui sont de fait des moyens de maîtrise de risques sanitaires. Il constitue donc un des outils permettant de répondre aux nouvelles obligations.
2005 : l’année des premières adhésions
Les aspects concrets de la démarche (grille de référence, procédures, …) ont été rédigés au cours de l’année 2003, avec le soutien technique de l’Institut de l’Elevage. Les discussions, assez longues, qui ont suivi ont abouti par la signature de l’annexe technique de l’accord interprofessionnel le 2 juillet 2004.
La mise en place du Code sur le terrain est pilotée au niveau national par l’ANICAP. En région, les CRIELs et les GIEs sont chargés du suivi. Enfin, des structures relais accompagnent les éleveurs grâce à des techniciens formés : syndicats, EDE, chambres d’agricultures, laiteries…. Depuis l’automne 2004, l’ensemble du dispositif est en place pour permettre aux éleveurs qui le souhaitent d’adhérer au Code Mutuel de Bonnes Pratiques d’élevage.
Enfin, afin de permettre le suivi des adhésions au Code Mutuel, l’office de l’élevage a créé et mis à la disposition de la filière une base de données accessible sur son site www.onilait.fr. Cette base de données permet à la fois la gestion des visites des producteurs adhérents, et l’établissement de statistiques tant au plan régional que national.
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