Le prix du lait de chèvre
Le prix du lait de chèvre
Le marché des produits laitiers caprins est toujours aussi dynamique
Le marché des produits laitiers caprins confirme en 2007 les tendances positives que la filière connaît depuis plusieurs années :
- La consommation intérieure de fromages de chèvre est en légère hausse (+1,4%). Le mix produit est comme d’habitude favorable aux entrées de gamme (bûchettes), sans toutefois affecter le prix moyen, en hausse lui aussi de +1,3%. Globalement, l’évolution en valeur du marché intérieur des fromages de chèvre reste largement positive (+2,7%).
- Les fabrications de fromages de chèvre évoluent toujours positivement, sur un rythme toutefois moins soutenu que les années précédentes. Elles progressent tout de même de 2,9%.
- La filière caprine ne dispose pas de statistiques concernant les ventes en RHF et les exportations. On estime toutefois que ces deux marchés sont très bien orientés. Le dynamisme du marché à l’export, notamment, explique largement le rythme toujours croissant des fabrications.
La production française de lait de chèvre est insuffisante
Alors que le marché dynamique entraine un fort besoin en matière première, la collecte de lait de chèvre n’a pas progressé en 2007, pour la première fois depuis des années. Cette donnée masque cependant des différences importantes entre région :
– C’est en région Poitou-Charentes, qui représente plus de 50% de la collecte Française, et dans le Centre que la baisse est le plus nette (-2%)
– En Pays de la Loire, dans le sud-ouest et en Rhône-Alpes, la tendance reste positive.
Ce recul de la collecte est donc particulièrement important dans les régions où la concurrence avec les céréales est forte. La mauvaise qualité des fourrages récoltés en 2007, suite aux intempéries du printemps et de l’été a également impacté négativement la production de lait à l’automne, et cette tendance risque de se poursuivre en 2008.
Pour compenser le manque de lait, les importations ont atteint des niveaux historiques : +36% par rapport à l’année 2006, où elles étaient déjà exceptionnellement hautes. Elles ont dépassé en 2007 le seuil symbolique des 100 millions de L, et représentent aujourd’hui 23% de la collecte nationale annuelle.
Cette dépendance de plus en plus forte des entreprises vis-à-vis de l’approvisionnement extérieur a été au centre de nombreuses discussions au sein de l’ANICAP. Une réflexion de fond a été engagée, qui a aboutit notamment à la réalisation d’un séminaire de l’ANICAP (cf. page 36).
L’augmentation du prix du lait de chèvre
Au cours de l’année 2007, les éleveurs ont subi une hausse sans précédent des cours des céréales et des matières premières, qui a augmenté de manière considérable leurs coûts de production. Les éleveurs de chèvre sont particulièrement touchés, car les coûts alimentaires représentent plus de 40% du coût de revient du lait de chèvre.
Afin d’estimer au mieux les hausses réelles des prix payés par les producteurs, la FNEC a réalisé une enquête auprès des différents fournisseurs d’aliments (cf. page 8). Grâce à cette étude, la hausse des coûts de production a été estimée à 54/1000L entre juillet 2006 et fin 2007, uniquement à cause de l’augmentation du coût des aliments.
A cela, s’ajoutent d’autres facteurs qui diminuent les marges des ateliers caprins : hausse des carburants et lubrifiants, ainsi que des engrais et amendements, fourrages de mauvaise qualité, etc…
Or, une étude de l’Institut de l’Elevage, basée sur les données RICA vient d’établir que 42% des éleveurs caprins gagnent moins de 10 000 par an, avec des investissements et un temps de travail très importants. Une revalorisation effective du revenu des éleveurs était donc indispensable, au-delà de la compensation des hausses de coûts.
C’est pourquoi, afin de maintenir une production de lait de chèvre sur le territoire français, la FNEC a demandé aux entreprises une hausse significative du prix du lait de chèvre, de 70/1000L.
Cette revendication a été reprise dans les discussions régionales, et les négociations locales avec les entreprises. Elle a été entendue par une majorité des transformateurs, qui ont annoncé des hausses significatives, entre 40 et 70 /1000L pour l’année 2008.
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