Suivi de la conjoncture et prix du lait de chèvre
Suivi de la conjoncture et prix du lait de chèvre
ENJEUX
Le bilan de l’année 2010 fait apparaître une hausse de la collecte nationale de + 6,5 % par rapport à l’année 2009, soit un peu plus de 30 millions de litres supplémentaires. Depuis 2010 la baisse du prix du lait payé au producteur va jusqu’à 50 € / 1000 litres.
ACTIONS DE LA FNEC EN 2011
Un plan de sortie de crise qui ne porte pas ses fruits
La FNEC s’est efforcée au sein de l’interprofession à mettre en place la maîtrise des disponibilités de lait de chèvre (baisse des importations et maîtrise de la collecte) et le renforcement de la promotion collective (contribution professionnelle exceptionnelle de 1 €/1000 L avec co-financement de l’Etat). Mais la situation des entreprises ne s’améliore pas et la maîtrise ne semble pas porter ses fruits là où les messages n’ont pas été clairs. Les surstocks atteignaient à l’époque 8 000 tonnes, soit près de 50 millions de litres. La difficulté économique de certaines entreprises due à la persistance des surstocks pousse à un nouveau bradage des stocks et une dévalorisation accrue du marché.
La FNCL dénonce la grille de paiement sur le critère cellules
En mars 2011, la FNCL dénonce l’accord interprofessionnel sur le paiement du lait à la qualité, en ce qui concerne le critère cellules, souhaitant des pénalités allant jusqu’à 150 € / 1000 litres. Les négociations, très dures, permettent d’aboutir à une nouvelle grille.
Dès le printemps, la sécheresse a touché de plein fouet les éleveurs caprins et les coûts de production sont repartis à la hausse. Ainsi, c’est de 100 à 140 € / 1000 L de hausse de coûts de production que les éleveurs ont dû affronter, laissant présager de revenus 2011 en forte baisse par rapport à 2010 (30 à 60% de baisse de revenu selon le système d’élevage). La FNEC a donc obtenu que la grille ne soit appliquée qu’au 1er janvier 2012 (1er octobre 2011 pour Eurial).
La FNEC demande le soutien des pouvoirs publics et obtient une mission CGAER
La FNEC a demandé le soutien des pouvoirs publics pour prendre en compte la problématique de la filière caprine et demander que soient mises en place des solutions pour la gestion des surstocks au sein des entreprises. Le ministère a annoncé la nomination de M. Patier, Inspecteur Général de l’Agriculture pour réaliser une mission afin d’éclairer les pouvoirs publics sur la problématique de la filière et avoir des informations objectives et fiables sur l’état des stocks des entreprises. Les résultats ont été présentés au comité lait de chèvre de FranceAgriMer du 25 octobre, et cette étude a débouché sur un plan stratégique pour la filière caprine
Une forte mobilisation nationale à Surgères
Dès l’automne, le GLAC fait part de ses difficultés financières et annonce une baisse du prix du lait au 1er janvier 2012.
Répondant à l’appel de la FNEC, les éleveurs de chèvres ont manifesté en grand nombre à Surgères le 13 décembre 2011 pour demander le maintien du prix du lait de chèvre en 2012. Eurial a annoncé sa volonté de maintenir le prix du lait en 2012, le GLAC a confirmé ses difficultés financières et donc confirmé sa détermination à baisser le prix du lait de chèvre à partir du 1er janvier 2012. Après des heures de négociation, une porte de sortie a été annoncée : le maintien du prix du lait au GLAC au moins en janvier 2012 et la mise en place d’une médiation par l’Etat entre les éleveurs, le GLAC et le crédit agricole afin de trouver une solution et éviter la baisse du prix du lait.
PERSPECTIVES
La médiation avec la préfète de La Rochelle a eu lieu le 16 décembre. Depuis, le GLAC confirme sa détermination à ne pas revenir sur cette décision. La FNEC a alerté de nouveau les pouvoirs publics : les éleveurs ne peuvent plus supporter de baisse de prix du lait, au risque de voir disparaître plus de 25% des producteurs et la filière continuer de se dévaloriser.
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