Suivi de la conjoncture et prix du lait de chèvre
Suivi de la conjoncture et prix du lait de chèvre
ENJEUX
Fin octobre 2009, la FNEC avait obtenu le maintien du prix du lait de chèvre jusqu’à fin mars 2010.
L’année 2010 a été marquée par une baisse des fabrications et des difficultés sur la vente de fromages de chèvre qui ont impacté la conjoncture et ont eu des conséquences sur l’adéquation entre l’offre et la demande. La baisse des importations n’a pas été effectuée à temps, comme alertait la FNEC depuis des années, le résultat est une hausse des stocks des entreprises.
ACTIONS DE LA FNEC EN 2010
Une dégradation de la situation
En février 2010, les acteurs de la filière se sont réunis pour faire le point sur les difficultés ressenties, notamment au niveau des stocks des entreprises. Les producteurs ont consenti un effort de 12 € sur le prix
de base qui était destiné exclusivement à aider les entreprises à garder les stocks et à ne pas les brader sur le marché. La FNEC a toujours voulu préserver la valorisation pour toute la filière. Malheureusement, les
engagements n’ont pas été tenus par les entreprises, et pour celles qui ont respecté l’accord, celui-ci n’a tenu que quelques mois. Ne pouvant laisser la situation s’enliser davantage la FNEC n’a cessé de
rechercher une solution à la crise au niveau interprofessionnel. Mais les entreprises sont restées sur leur position, sans dialoguer de quelque façon avec les producteurs, et la baisse imposée par une entreprise a
entraîné toute la filière dans un cycle infernal de baisse de prix du lait et de guerres commerciales tirant toute la filière vers la dévalorisation.
Un plan de sortie de crise
Ce n’est qu’en juillet, au terme d’échanges très tendus, que les acteurs de l’interprofession se sont accordés sur un plan de sortie de crise. Celui-ci a eu le mérite de contenir la baisse de prix du lait et de donner des
orientations sur la maîtrise de la production ainsi que sur la baisse des importations, qui étaient à l’origine de la constitution des surstocks. L’objectif concernant la maîtrise était, pour la collecte 2010, de se rapprocher au mieux du niveau de collecte 2009. Mais chaque entreprise revendiquait d’appliquer ses propres mesures en relation avec ses producteurs. Par cette condition, nous n’avons pas eu la main sur cette maîtrise et force est de constater que seules les entreprises qui n’importent pas ont mis en place une maîtrise drastique. De fait, la collecte en 2010 a encore augmenté de + 6,5 % par rapport à 2009.
Ce plan de sortie de crise prévoyait aussi, en matière de gestion des surstocks aucun bradage des surstocks, le soutien au plan de pérennisation en encourageant les suivis techniques auprès des
producteurs qui en ont besoin et en continuant à installer les jeunes pour compenser les départs à la retraite, et l’analyse tous les trimestres de tous les indicateurs, indicateurs d’équilibre du marché (collecte,
importations, stocks…) comme de santé de la filière (PVI, prix du lait, indice IPAMPA, PVC…).
Une action de promotion exceptionnelle qui vise à relancer la consommation
Devant les difficultés sur les marchés, la crise économique touchant aussi la filière caprine, la FNEC a demandé que 2 euros de la baisse du prix de base appliquée par les entreprises aillent à un fonds commun
qui permette de mettre en oeuvre des actions pour sortir de la crise. Seul 1 euro / 1000 L des producteurs a été retenu pour financer une action de promotion exceptionnelle et de grande envergure, afin de booster la consommation des fromages de chèvre et contribuer ainsi à la résorption des stocks des entreprises. Cette action, sur 3 ans, débutera en 2011.
PERSPECTIVES
Le bilan de l’année 2010 fait apparaître une hausse de la collecte nationale de + 6,5 % par rapport à l’année 2009, soit un peu plus de 30 millions de litres supplémentaires.
Le suivi du plan de sortie de crise se poursuit, les discussions sur le prix du lait reprendront au premier trimestre 2011. Il sera important d’avoir des chiffres fiables concernant la conjoncture, c’est pourquoi la
FNEC a demandé aux entreprises d’être très réactifs pour répondre à l’enquête mensuelle laitière de FranceAgriMer.
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