Suivi des filières caprines laitières en Europe
ENJEUX
La FNEC suit de près l’évolution des filières caprines dans les autres pays européens, notamment Pays-Bas et Espagne. Depuis quelques années déjà, la FNEC effectue régulièrement des voyages d’études dans ces pays pour mieux comprendre les enjeux et les évolutions de ces filières.
ACTIONS DE LA FNEC EN 2012
Rencontre avec les acteurs de la filière espagnole
En avril 2012, une délégation de la FNEC a rencontré à Madrid les représentants des coopératives, des industriels privés et deux des trois syndicats agricoles représentatifs espagnols. Ces rencontres ont permis de mieux appréhender la situation de la filière espagnole après la crise caprine de 2010. La production a en effet baissé du fait de la disparition de producteurs mais aussi de la baisse de production par chèvre. Les perspectives 2012 ne sont pas très favorables, de par la hausse des coûts de production.
Avec la publication du paquet lait, les acteurs de la filière ont la volonté de créer une section caprine au sein de leur interprofession laitière et de mettre en place des indicateurs interprofessionnels partagés. Ils souhaitent aussi développer la contractualisation (surtout entre les coopératives de collecte et les acheteurs de lait, souvent des industriels privés) et accélérer la restructuration des coopératives. Une réunion à Antequera a, de plus, permis de faire le point avec les acteurs andalous.
En effet, l’Andalousie produit près de la moitié du lait de chèvre espagnol, transformé quasiment entièrement en dehors de cette région. Un regroupement de coopératives de collecte a eu lieu, afin de concentrer l’offre et peser davantage dans les négociations de prix avec les industriels du fromage au lait de mélange.
Voyage d’études aux Pays-Bas
Pendant deux jours, la FNEC a sillonné le sud des Pays-Bas à la rencontre d’éleveurs caprins, de la LTO et de la coopérative Amalthea. Les Pays-Bas produisent environ 170 millions de litres de lait par an contre 111 millions en 2005. C’est une filière qui s’est nettement développée notamment grâce aux quotas laitiers. En effet, beaucoup d’éleveurs bovins lait ont investi dans l’élevage caprin suite à la revente de leurs quotas laitiers pour bénéficier d’importants avantages fiscaux.
La Hollande est caractérisée par des élevages de très grande taille principalement en hors-sol. Il n’est pas rare de rencontrer plus de 2 000 chèvres dans une exploitation. Ce type d’exploitation est très mécanisé et les pratiques sont simplifiées au maximum. La FNEC souhaitait comprendre les niveaux de prix hollandais. D’une part, il y aurait trop de collecteurs et de transformateurs sans leader identifié. Cela crée beaucoup de concurrence par rapport au volume produit. D’autre part, lorsque le prix du lait est trop bas, la solution qu’ils adoptent alors est de s’agrandir pour produire plus de lait car la production n’est pas limitée : les hollandais exportent une grande partie de leur lait et pratiquent des prix bas pour être compétitifs. Enfin, les coûts d’alimentation sont beaucoup moins élevés (proximité du port de Rotterdam).
La FNEC a également rencontré son homologue hollandais : la section caprine de la LTO. Les dossiers défendus sont la santé animale (fièvre Q entre autres), l’identification électronique, la traçabilité et la commercialisation des chevreaux, mais la LTO ne s’occupe pas directement de la problématique du prix du lait.
PERSPECTIVES
Ces échanges permettent de maintenir des contacts et d’en prendre des nouveaux. La volonté de la FNEC est que les principaux pays européens producteurs de lait de chèvre continuent d’échanger et préparer l’avenir dans l’intérêt de tous les éleveurs de chèvres.
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