Vie interprofessionnelle : la FNEC au sein de l’ANICAP

Le Conseil d’Administration de la FNEC désigne les 12 membres du « collège producteurs » de l’ANICAP. La FNEC représente donc la voix des producteurs caprins français dans les négociations sur les dossiers interprofessionnels, face au collège des transformateurs coopératifs et à celui des transformateurs privés. Depuis Juillet 2004, dans le cadre d’une présidence « tournante » tous les 3 ans, c’est le président de la FNEC qui assure également la présidence de l’ANICAP.

Les échanges interprofessionnels

Une interprofession nationale est par définition un lieu d’échanges et de concertations entre les professionnels de la filière : producteurs, transformateurs privés, et coopératives. Ces échanges concernent tous les dossiers importants pour l’ensemble de la filière : le marché des fromages de chèvre, la conjoncture, l’adéquation offre / demande, le prix du lait de chèvre, les actions de recherche / développement de la filière, etc….

Lorsque c’est nécessaire, ces échanges se concrétisent sous la forme d’accords interprofessionnels (sur la maîtrise de l’offre, sur les critères de paiement), de programmes de recherche et développement (voir les chapitres sur la fièvre Q page 27, sur le code mutuel page 11), ou de recommandations nationales (voir le chapitre sur le prix du lait page 4).

Le budget de l’ANICAP

Les ressources de l’ANICAP proviennent des cotisations interprofessionnelles sur le lait de chèvre, qui s’élevaient depuis 1998 à 1,524€/1.000 litres, dont 75 % sont versés par les producteurs et 25 % par les transformateurs, pour le lait collecté. Les producteurs fermiers, eux, paient 100 % de la cotisation.

un peu plus de 30 % de ces ressources sont consacrées au financement d’actions visant au développement de la filière : mise en place du Code Mutuel de bonnes pratiques d’élevage, soutien des travaux menés par la FNEC en matière de suivi de la réglementation, appui à la recherche et à la génétique (cofinancement des travaux de Caprigène), abonnement à un panel de consommateurs afin d’obtenir des données sur le marché des fromages de chèvre, etc….

un peu plus de 30% des ressources sont consacrés à la promotion collective des fromages de chèvre, en France, mais également au Royaume-Uni et en Allemagne, afin de favoriser une augmentation des ventes. D’autres actions de promotion sont également réalisées : la mise en place d’un pôle de vente-dégustation de fromages de chèvre au Salon de l’Agriculture, l’édition et la diffusion de brochures pédagogiques, et le soutien financier au concours national des fromages fermiers.

un peu plus de 20% des ressources sont reversées aux interprofessions caprines régionales (Brilac, Cilaisud caprin, Commission caprine du Criel Centre, Commission caprine du Criel Rhône-Alpes, Frecap), au prorata de leur part dans la production nationale de lait de chèvre, afin de leur permettre de mener des actions plus spécifiques à leur bassin de production.

– Les frais de fonctionnement sont pour leur part limités au maximum, puisqu’ils représentent moins de 20% du budget.

Il est à noter que de nombreuses actions menées par l’ANICAP bénéficient d’un co-financement des pouvoirs publics à travers l’Office de l’Elevage. Ces financements publics ne seraient pas accessibles sans la contrepartie financière apportée par l’ANICAP.

L’augmentation des cotisations

Depuis le 1er janvier 2007, les cotisations interprofessionnelles ont augmenté de 17% : elles sont de 1,783€/1.000 litres, dont 1,337€/1.000 litres seront versés par les producteurs et 0,446€/1.000 litres par les collecteurs.

Cette augmentation de cotisations, qui a été votée à l’assemblée générale de l’ANICAP le 22 juin 2006, permettra de :

  • donner à l’interprofession nationale les moyens d’orienter et de financer les projets utiles pour l’ensemble de la filière (développement, sanitaire),
  • avoir accès à des co-financements (les fonds publics, notamment, sont plus facilement mobilisables lorsque l’interprofession participe au financement d’un projet),
  • redynamiser les interprofessions régionales, qui sont les relais nécessaires pour la mise en place d’actions nationales, et qui doivent également entretenir une dynamique régionale, avec des problématiques spécifiques.

Concrètement, cela permettra à l’ANICAP d’engager environ 100 000 € supplémentaires dans des actions de promotion et de développement. La FNEC, qui a été à l’origine de la proposition de cette hausse des cotisations, veillera, dans les futures discussions interprofessionnelles sur le budget, à ce que cette somme soit bien utilisée dans l’intérêt des éleveurs.

Les groupes de travail issus de l’ANICAP

Le groupe de travail sur la « stratégie de la filière »

Pour sortir du suivi strict de la conjoncture, et afin de réaliser un diagnostic à plus long terme, l’ANICAP a mis en place un groupe de travail permettant une réflexion sur la « stratégie de la filière ».
Dans un premier temps, la réflexion s’est basée sur une analyse des menaces et opportunités que présente l’environnement de la filière caprine, ainsi que sur celle de ses forces et faiblesses. Les finalités poursuivies par la filière ont ensuite été précisées. Plusieurs scénarios possibles d’évolution de la filière ont ensuite été étudiés. Les réflexions se sont largement appuyées sur un travail important mené par l’Institut de l’Elevage sur les trajectoires des exploitations caprines. Le groupe de travail s’est alors attaché à déterminer les objectifs que la filière peut se fixer dans chaque domaine étudié afin de favoriser au mieux ce scénario.

Cette réflexion s’est conclue par la rédaction d’un « plan d’action », qui a été envoyé pour consultation aux CRIELs caprins, puis adopté par le conseil d’administration de l’ANICAP. Le scénario retenu par la filière est un scénario de « Maîtrise », se caractérisant par :
– une collecte à 450-500 millions de litres à l’horizon 2010-2012,
– l’amélioration (ou le maintien) du prix du lait,
– un approvisionnement du marché avec du lait extérieur seulement si nécessaire.

Afin de parvenir à ce scénario, un plan d’action a été défini, comportant des actions dans de nombreux domaines, avec par exemple :

  • accompagner les changements dans les habitudes de consommation en communiquant sur les multiples utilisations possibles des fromages de chèvre en cuisine, en capitalisant sur leur image forte pour éviter le risque de les banaliser,
  • engager un travail de communication vis-à-vis de la grande distribution,
  • favoriser les exportations de fromages de chèvre français,
  • maîtriser la production (conserver un accord de maîtrise de la collecte), privilégier au maximum la collecte française, ajuster les importations, faire valoir le savoir-faire français et la notion de traçabilité (notamment via le Code Mutuel) auprès de la distribution en cas de concurrence sur les produits finis sur le marché français,
  • fournir aux éleveurs tous les outils leur permettant d’optimiser leurs résultats technico-économiques et d’améliorer leurs conditions de travail, pérenniser les exploitations sur l’ensemble du territoire, les aider à s’adapter aux divers cahiers des charges, trouver des solutions à la problématique de la transmission des exploitations,
  • inciter à un travail de coordination entre les structures,
  • etc., …
    Ces actions serviront de guide pour l’établissement des priorités, du budget, et des actions de l’ANICAP pour les prochaines années.

Le groupe de travail sur la valeur nutritionnelle du lait de chèvre

Le lait de chèvre et les produits laitiers caprins présentent un intérêt nutritionnel intrinsèque, comme l’ensemble des produits laitiers, par leurs apports en énergie (protéines, glucides, lipides), en minéraux, en vitamines. Cependant, la composition fine des fromages au lait de chèvre était jusqu’à présent mal connue, ce qui rend très difficile une communication, collective ou particulière, auprès des consommateurs sur la base d’informations objectives relatives à la composition et aux propriétés nutritionnelles des produits laitiers caprins.

L’ANICAP a donc confié à l’ITPLC, assisté par un groupe de travail composé d’expert du CNIEL, du CERIN, de l’INRA, de l’AFSSA, la maîtrise d’ouvrage d’un projet visant à connaître plus précisément la composition des fromages de chèvre et à valoriser leurs propriétés nutritionnelles. Ce programme, qui s’est déroulé entre 2004 et 2006, a permis :

  • de compléter et remplacer sur de nombreux points les tables de composition actuelles, françaises (CIQUAL) ou internationales, qui étaient anciennes (dans leur contenu), incomplètes et peu fiables,
  • de fournir aux partenaires de la filière caprine des données objectives indispensables sur les aspects nutritionnels de leurs produits.

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