Le prix du lait de chèvre

Dans le cadre des discussions interprofessionnelles qui ont eu lieu en 2003 concernant l’évolution du prix du lait de chèvre, la FNEC a souhaité que soient élaborés :
-un tableau de bord de la filière caprine
-un indice reflétant les évolutions des charges liées à la production de lait de chèvre : l’IPAMPA-Lait de chèvre. Indirectement, cet indice donne une idée de l’évolution des coûts de production.

De plus, lors des commissions laitières de la FNEC, il a été proposé la mise en place d’une réflexion sur un projet stratégique pour notre filière. Ce travail a d’ores et déjà commencé en interne, ainsi que dans le cadre d’un groupe de travail interprofessionnel.

Le tableau de bord de la filière caprine

Ce tableau de bord a été finalisé en 2004. Il est mis à jour trimestriellement par l’ANICAP. Il regroupe un certain nombre d’indicateurs économiques objectifs de la filière caprine :
-Evolution de la collecte
-Evolution des volumes importés
-Evolution des stocks de produits de report
-Evolution des fabrications de fromages par les laiteries (par type de produit)
-Exportations de fromages de chèvre
-Ventes de fromage de chèvre aux industries agro-alimentaires
-Consommation des ménages
-Evolution des volumes écoulés en GMS (grandes et moyennes surfaces) et en RHF (restauration hors foyer)
-Evolution des prix des fromages à la consommation
-Prix moyens et prix de base du lait matière première
-Evolution des taux (MP, MG)
-Indices des prix de vente industriels (INSEE)
Ce tableau est utilisé, et sert de référence, lors des discussions interprofessionnelles concernant la conjoncture.

L’IPAMPA-Lait de chèvre

En parallèle, la FNEC et l’ANICAP ont travaillé avec l’Institut de l’Elevage à la construction d’un indicateur de l’évolution des prix des moyens de production utilisés par les producteurs de lait de chèvre.
Il existait déjà un indice de référence des prix agricoles : l’IPAMPA (Indice des Prix d’Achat des Moyens de Production Agricole). Cet indice a été modifié pour tenir compte des spécificités des structures de charge liées à la production de lait de chèvre.

Ce nouvel indice est nommé « IPAMPA-Lait de chèvre ». Il concerne uniquement les élevages livreurs de lait à l’industrie, et non les élevages réalisant la fabrication à la ferme.

Remarque : Un certain nombre de charges telles que les travaux pour cultures, les travaux pour élevage, le fermage, les impôts et taxes, les frais de personnel, les charges sociales et les frais financiers ne sont pas intégrées dans le champ de l’IPAMPA et par conséquent dans celui de l’IPAMPA-Lait de chèvre.

L’IPAMPA-Lait de chèvre (base 100 en 2000) permet de mesurer l’évolution des prix de la plupart des consommations intermédiaires et des investissements.
L’IPAMPA Lait de chèvre donne une indication partielle sur l’évolution réelle des coûts de production, celle concernant les prix et non celle relative aux volumes.

Position de la FNEC sur l’évolution du prix du lait :

-La collecte de lait de chèvre se stabilise. La quantité de lait livré atteint 402 millions de tonnes en 2004, ce qui représente une hausse de seulement 2% par rapport à l’année dernière. La maîtrise des quantités produites est donc effective.

-Après une hausse en 2003, les fabrications de produits de report ont fortement baissé en 2004 (-26.5%). Il n’y a donc pas de stock pesant sur le marché lié à un surplus de collecte laitière. Ces stocks sont structurels pour faire face à la saisonnalité des livraisons.

-Le prix moyen des fromages de chèvres a légèrement diminué pour la première fois cette année. Cela s’explique en partie par l’augmentation des ventes de bûchettes, et par le développement du hard discount. Cependant, cette légère baisse est largement compensée par la hausse des volumes. Au total, l’évolution en valeur du marché des formages de chèvre reste à la hausse.

Cependant, malgré ce contexte favorable, le prix moyen payé au producteur n’augmente que très légèrement. Et cette légère hausse s’explique par les efforts techniques importants qui ont été consentis par les éleveurs pour améliorer la qualité de leur lait. En effet, le prix de base est constant depuis des années, alors que les taux (MP, MG) et les charges des éleveurs augmentent régulièrement.
Grâce aux efforts de la filière pour maîtriser les volumes, et grâce à un marché toujours bien valorisé, la conjoncture est actuellement favorable : une hausse du prix est possible !

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