Communiqué de presse : Soutenir les éleveurs de chèvre passera aussi par une hausse de prix du lait de chèvre

Nous sortons de l’été le plus chaud et sec jamais enregistré, les éleveurs vont faire face à des difficultés de plus en plus importantes pour nourrir leurs animaux. Les premiers chiffrages font état de surcoûts pouvant atteindre plus de 100€/1000L selon les régions et systèmes alimentaires. La surcharge financière s’alourdie de plus en plus pour les producteurs de lait de chèvre. D’autant plus que cela s’ajoute à une flambée des coûts de l’énergie qui a commencé dès le début d’année à cause de la guerre au Moyen-Orient. Ainsi, l’indice IPAMPA lait de chèvre, qui mesure les évolutions de charges en atelier caprin, a bondi de 7% depuis le début d’année. La hausse des prix des fourrages et des céréales entrainera une baisse du cheptel, faute de moyens suffisants pour nourrir correctement les chèvres. D’autant plus que la reconstitution de stocks fourragers n’a pas pu se faire à l’automne du fait de la sécheresse qui s’est poursuivie.

Le Gouvernement apporte son soutien minime pour aider à passer la crise, mais cela ne sera jamais suffisant sans une hausse du prix du lait. Nous l’avons déjà répété à de nombreuses reprises, la filière caprine a besoin de nouvelles perspectives pour continuer à investir dans la production, que cela soit en installant de jeunes agriculteurs ou en modernisant les élevages existants et investir dans des moyens d’adaptation au changement climatique et de reconstitution de stocks fourragers. Sans un geste fort de l’aval, distributeurs et transformateurs, les éleveurs seront dans l’incapacité à maintenir leur potentiel de production.

Le prix du lait payé reste inférieur au prix de revient, dans ces conditions les éleveurs ne peuvent pas faire face à la hausse des charges et baisser encore davantage leur revenu. Il sera donc indispensable de faire passer des hausses de prix du lait significatives dès le début des négociations commerciales qui s’ouvriront dans quelques semaines. C’est un enjeu de filière dans lequel chacun doit prendre sa part de responsabilité. Les éleveurs sont le maillon le plus touché et affaibli par ces crises géopolitiques et climatiques. La capacité d’adaptation dont ils font preuve arrive à un point de rupture qui fragiliserait la filière toute entière.

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