AG de l’ANICAP du 23 juin 2026
L’assemblée générale de l’ANICAP se tenait le 23 juin à la Maison du Lait de Paris. Celle-ci débuta par la partie statutaire à huis clos avec la présentation et validation des comptes, ainsi que le budget prévisionnel 2026. A noter que l’augmentation de la part transformateur de la CVO, passant de 1€ à 1,5€/1000L permet de retrouver une situation financière stable pour l’interprofession et la possibilité d’investir à nouveau dans de nouveaux projets au service de la filière.
La deuxième partie de l’AG était ouverte aux invités extérieurs, le rapport d’activité a été présenté en format vidéo : vous pouvez visionner la vidéo ici. Le rapport écrit, que vous trouverez ici, a été remis aux participants.
Virginie Hervé-Quartier de l’Institut de l’Elevage a ensuite présenté la conjoncture caprine. Quelques éléments marquants de cette conjoncture :
- 30% des engrais et 20% du pétrole circulent via le détroit d’Ormuz, dont la fermeture cause de grandes perturbations de marché
- Hausse de 69% du prix du brent entre février et avril ; hausse de 33% du prix de l’ammonitrate en sortie d’usine ; forte hausse du GNR avec un soutien de l’Etat de 15 cents/litres de mai à août
- Production laitière de 685 millions de litres en 2025, dont 188 millions de litres transformés à la ferme.
- 1,25 millions de chèvres et chevrettes en novembre 2025, soit une hausse de 3% (dont 8% de hausse du nombre de chevrettes)
- La collecte progresse fortement sur le début d’année 2026 (+7% sur janvier-avril). Cependant cette hausse est à relativiser vis-à-vis de la baisse de collecte des dernières années. La hausse n’est que de 0,3% par rapport à la même période en 2023. Les épisodes de canicule du printemps-été auront certainement un impact sur la suite de la collecte.
- Poussé par la hausse des prix de l’engrais et de l’énergie, l’IPAMPA lait de chèvre progresse de 2,6% en avril 2026 par rapport à avril 2025.
- Le prix du lait évolue peu, avec un taux de matière protéique stable et un taux de matière grasse légèrement dégradé.
- Les fabrications de fromage sont en baisse de 3% sur les 4 premiers mois 2026, notamment la buchette et les fromages à la coupe destinés à la Restauration Hors Domicile (RHD).
- La consommation des ménages en libre-service reste dynamique en volume, alors que les prix d’achat sont en légère baisse.
- En Espagne, le nombre d’éleveurs baisse de 6% depuis le début d’année et la collecte continue de baisser très fortement. Ainsi, le prix du lait espagnol progresse fortement de l’ordre de 20% en raison du peu de lait disponible. Aux Pays-Bas, le prix du lait est également en hausse de 6%, s’établissant à 777€/1000L en avril 2026

Suite à la présentation de conjoncture, plusieurs intervenants se sont relayés sur le thème de « Les nouveaux actifs agricoles : comment attirer, former et fidéliser ces nouveaux profils ? »
Bertille Thareau, enseignante-chercheuse à l’ESA d’Angers, a présenté les résultats de l’étude Agrinovo. Cette étude analyse les nouveaux profils d’agriculteurs installés et leurs trajectoires avant l’installation et leur façon d’exercer le métier. Les agriculteurs s’installent aujourd’hui plus tardivement (âge moyen de 34 ans), souvent après une première expérience professionnelle, ce qui transforme les parcours et les façons d’exercer le métier. L’étude, basée sur une enquête auprès des installés de 2018 et 2022, montre une grande diversité des profils.
Puis une table ronde regroupant Bertille Thareau, Emilie Bonneau Wimmer, enseignante en productions animales au campus Terres et Paysages en région Nouvelle-Aquitaine, Pauline Dartois Yacovleff, enseignante en productions animales à l’Agro Campus des 2 vallées en région Centre Val de Loire et Valérie Fichepain, directrice du CFPPA-OFA Olivier de Serres en AURA.
Les enseignantes ont pu témoigner de l’évolution des profils des étudiants en formations agricoles, avec une présence croissante de personnes non issues du milieu agricole (NIMA), notamment dans les projets d’installation caprine, et une féminisation des parcours. Les échanges ont également abordé l’adaptation des enseignements pour répondre aux attentes de ces nouveaux profils, à travers davantage de pratique, de visites d’exploitations, de sensibilisation à la durabilité et d’accompagnement des projets professionnels. Les intervenants ont souligné les besoins en stages, réseaux professionnels et accompagnement à l’installation, notamment sur la gestion d’entreprise, l’organisation du travail et la construction de projets viables. Enfin, l’importance de renforcer les liens entre établissements, filières et acteurs du terrain a été mise en avant pour mieux préparer les futurs éleveurs.
Le Président de l’ANICAP, Mickaël Lamy, a conclus cette assemblée générale sur un discours positif sur la reprise de collecte qui doit permettre une amélioration du revenu des éleveurs, ces derniers ayant besoin d’investir dans leurs outils de production. L’assemblée générale était placée sous le signe de la jeunesse et la filière doit continuer à travailler pour soutenir l’investissement, installer les jeunes et préserver la souveraineté de la filière.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’ANICAP.
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